Henry Léon (Nandrin, BE) - Couronnement d'une saison exceptionnelle avec le 1er national Souillac 5.659 pigeons

C’est une des colonies les plus en vues de la saison 2011 qui vient de coiffer tout le monde sur le national de Souillac. La famille Henry de Nandrin réalise une saison exceptionnelle et l’on se doutait bien qu’un ‘petit quelque chose’ aller venir récompenser leurs efforts.

Décidément, l’Est du pays, et plus particulièrement les provinces de Namur et de Liège, se sera taillé une belle part du gâteau cette année. Généralement peu à la fête en raison des contingents et de leur situation géographique peu avantageuse, ils ont repris du poil de la bête et l’abnégation de certains s’en retrouve récompensée. N’oublions jamais que dans des temps finalement pas si lointains, ces régions, et surtout la province de Liège, ont été des terres fertiles à l’éclosion de grands champions. Après les Schroeder père et fils sur Cahors, Jean-Claude Hotton sur Orange, mais aussi le tandem luxembourgeois Ponlot-Lalande sur Montélimar, c’est au tour des Henry de Nandrin de remporter les lauriers nationaux, sur Souillac cette fois.
Lâchés le dimanche à 7h50 avec un jour de retard dû au temps maussade, les 5.659 pigeons de Souillac ont regagné leurs pénates par temps favorable avec un vent de secteur ouest, ce qui laissait en effet envisager la victoire du côté de Liège. Constaté à 16h16 pour 689,917 kilomètres, les Henry s’adjugent la première place du podium à la vitesse de 1.337 m/min
Ils sont suivis par l’excellent pigeon d’Alain Hoornaert de Wancennes à 1.329 m/min, tandis que le bronze revenait aux frères Vandenberghe de Ronquières à 1.325 m/min. Le top 5 est complété par Yvan Vanvuchelen de Geetbets à 1.314 m/min et l'excellent Guy Delfosse de Mazée à 1.313 m/min. Ce dernier se classe également 8e national avec son pigeon.
Après Perpignan international ’92 et Argenton vieux en ’99, c’est la troisième victoire nationale pour la famille Henry.

Trois générations colombophiles en une seule photo ! De gauche à droite : Maxime, Léon & Alain

Une saison inoubliable
‘On savait qu’on tournait autour depuis quelques semaines et que tout était possible. Encore fallait-il avoir plus de chance que les autres.’ Alain Henry annonce la couleur.
Il faut dire que la saison qu’ils sont en train de réaliser, lui, son père Léon et son fils Maxime, est tout bonnement incroyable.
‘Voila plus d’un mois que l’on remporte le premier prix sur les classiques de fond à Ramillies. Les pigeons sont en état de grâce. Pourtant, on a fait comme d’habitude. Vous savez, parfois ça vient, parfois ça ne vient pas. Quand ça ne marche pas, vous pouvez vous creuser la tête durant des heures pour savoir quelles en sont les causes et quand tout va pour le mieux, vous cherchez aussi à savoir pourquoi sans jamais trouver la cause… mais je dois vous avouer qu’on ne s’en plaint pas !’
Voici un bref récapitulatif des meilleures performances :

- 199e Brive Zone C 5.269 p.
- 4e, 17e, 70e, 133e, 303e & 308e national Cahors 8.105 p.
- 144e national Barcelone 12.170 p.
- 30e, 303e, 334e national Brive 10.089 p.
- 132e international Tarbes 10.675 p.
- 10e & 34e semi-national Jarnac 4.512 p.
- 59e national Marseille 3.283 p.
- 135e & 199e international Marseille 10.606 p.
- 1er & 11e national Souillac 5.659 p.

La famille Henry est bien connue dans le milieu colombophile. Il faut dire qu’elle possède une riche histoire.
Léon Henry :’Avec Maxime (24ans), c’est la cinquième génération impliquée dans les pigeons. Mon père était colombophile et mon grand-père détenait déjà des pigeons avant 1900. Je suis heureux d’avoir pu transmettre ma passion à mon fils et à mon petit-fils, d’autant plus qu’avec Maxime, je suis sûr que mon travail perdurera une génération de plus.’
Les Henry se sont fait connaître du grand public en 1992 avec leur victoire internationale sur Perpignan, remportée par le ‘médaillé d’or’.
‘On a rien fait avec les descendants de ce pigeon… vu qu’on n’en a jamais eu ! Après sa victoire, c’est Roger Vereecke qui l’a obtenu et il est devenu un géniteur incroyable là-bas. D’ailleurs le vainqueur national de Pau de Roger en ’09 est un propre descendant du ‘médaillé d’or’. Par contre, ses frères et sœurs sont à la base de toute notre colonie. C’est une lignée inépuisable, infatigable et on ne peut plus robuste. Je vous assure que notre colonie est actuellement composée à presque 100% de cette lignée. Il y a bien l’un ou l’autre pigeon venant d’ailleurs mais ils sont de toute façon recroisé sur notre souche.
Nous avons obtenu notre base actuelle chez Roger Vereecke et chez feu Jos Vandenbroucke dans le courant des années ’80. Chez Jos, nous avons pu avoir les œufs de son ‘Didi’ juste avant qu’il ne devienne As pigeon national. Il faut aussi compter avec la lignée du ‘Pipo’ de Norman. Toutes ces lignées sont à la base de notre colonie actuelle.
Il y a quelques années, cela devenait un peu trop consanguin et nous avons donc réintroduit l’un ou l’autre pigeon pour donner un coup de fouet, notamment avec les pigeons de notre ami Decroupette, qui ont contribué à donner un peu plus de vitesse à nos pigeons. Cela marche alors fort bien en seconde génération.’

Les Henry sont à la tête d’une colonie relativement importante. En début de saison, on dénombrait 61 veufs (moitié vieux moitié yearlings), 20 couples de reproducteurs et 150 pigeonneaux.
‘Tous nos vieux pigeons, voyageurs et reproducteurs, sont accouplés le 23 novembre. Nous achetons 150 bagues par an. Dés que nous avons bagués 150 pigeonneaux, nous n’élevons plus.’
Les veufs peuvent donc élever un couple de jeunes et lorsque ceux-ci sont âgés d’une quinzaine de jour, les femelles et un jeune sur deux sont déménagés au pigeonnier des jeunes. Le mâle termine alors le gavage seul. Vers le 15 janvier, tous les pigeons sont au veuvage et ils ne seront plus jamais réaccouplés avant la saison. C’est Maxime qui s’occupe de la plus grande partie des soins tandis que Léon, le patriarche, est considéré comme le sage de la bande. Vu ses 81 printemps, il ne sait plus s’occuper sérieusement d’une telle colonie mais Alain & Maxime peuvent compter sur ses conseils bien avisés. Alain se conforte quant à lui dans son rôle de ‘manager’ et de… flambeur. Celui qui connait les Henry sait très bien que les pigeons partent rarement sans être ‘chargés’. Et le principal intéressé d’ajouter :
‘La colombophilie sans jeu d’argent perd un peu de son charme. J’assume pleinement mon côté parieur. Même si parfois, j’en fais un peu ‘too much’…’

Un rythme diabolique pour la jeune génération
Concernant l’écolage de leurs pigeonneaux, les Henry sortent carrément des sentiers battus. Peu de colonies de fond seraient capables de réserver un tel régime à leurs pigeonneaux.
‘Nous avons commencé les entraînements il y a plus de cinq semaines. Les jeunes étaient alors lâchés 7 à 9 fois par semaine.’ Non, vous ne rêvez pas. C’est-à-dire qu’ils allaient parfois lâcher deux fois par jour.
‘Les pigeons sont mis dans des paniers de voyage et nous partons à plusieurs dizaines de kilomètres. Les pigeons sont lâchés un par un tous les kilomètres… tout en roulant ! Il faut le voir pour le croire ! Cette année, il restait trop de jeunes donc ils partaient 3 par 3. Au début, ils se mélangent forcément mais après quelques entraînements, ils reviennent toujours au même nombre qu’ils étaient quand ils ont été lâchés.’
‘A partir de mi-juillet, ils partent toutes les semaines en grand demi-fond. Par exemple, notre vainqueur national a participé aux quatre nationaux pour pigeonneaux l’année de sa naissance. Pas besoin de sélection, les faiblards se perdent tout seul. Idem pour ceux qui ne récupèrent pas assez vite. Ils ne reviennent plus. On garde tout ce qu’il après Guéret et les mâles déménagent alors au pigeonnier des yearlings.

Les caïds du pigeonnier
Le vainqueur national et son fidèle second de Souillac sont logés dans un compartiment abritant 5 voyageurs pour 8 casiers. Le vainqueur national loge en haut à droite (détail important : c’est la place qu’occupait le 1er international Perpignan ’92) tandis que son ‘lieutenant’ se trouve dans la rangée en dessous mais côté gauche.
Ces pigeons ont tout simplement quelque chose de plus. Une fois que l’on ouvre la porte du compartiment, celui du dessus jette un œil à son compère du bas et ils se mettent à s’animer tous les deux.
‘Il ne leur manque que la parole ! Je pense réellement qu’ils se motivent l’un l’autre. En fait, ils se disputent chacun l’hégémonie du pigeonnier. Ils se stimulent comme ça ! S’il y en a un qui s’adjuge la domination du sol, l’autre sera le chef de la planche d’atterrissage, etc. C’est vraiment bluffant d’avoir deux pigeons pareils !’
Notons que les veufs sont nourris individuellement, étant donné que les pigeons partent pour des épreuves différentes, ils ne sont pas tous en même temps dans le processus de préparation.
‘Nos yearlings sont logés tous ensemble dans un pigeonnier de veuvage ce qui fait qu’à deux ans, les pigeons ont déjà été changés de pigeonniers deux fois. Je dois dire que le vainqueur national s’est très bien acclimaté à son nouveau pigeonnier si bien qu’il est devenu un autre pigeon. Cela s’est d’ailleurs ressenti dans ses résultats. Il n’en faut parfois pas plus…’

Souillac
C'est donc à 16h16 que le vainqueur, bague BE 09-1023853, s'est fait officialiser à Nandrin. Il avait déjà remporté le 17e national de Cahors cette année !
'Il est venu plein est après avoir fait son crochet, preuve qu'il en avait encore sous la pédale.'
Après avoir été un pigeon normal comme jeune et comme yearling, ce mâle bleu de 2ans s'est véritablement révélé cette année, sans doute après avoir déménagé dans le pigeonnier miracle des Henry.

 

Léon, Alain, Maxime, nos sincères félicitations... et bonne chance pour la suite!

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