Yves Descamps (Beuvry-la-Forêt, France) remporte le national français de Marseille face à 2.581 pigeons

Le pigeon français le plus rapide de l'étape de Marseille a été constaté par Yves Descamps, un amateur de Beuvry-la-Forêt, une commune du Nord-Pas-de-Calais. Il ramène ainsi à son propriétaire la première victoire nationale de sa carrière.

Le pigeon a été constaté à 18h41''11 après avoir parcouru une distance de 840 kilomètres, atteignant ainsi au passage la vitesse moyenne de 1.165 m/min. Au national français, il devance le pigeon de Dominique Port (Saubjoir - 1.156 m/min) et celui de Philippe Mouys (Valenciennes - 1.153 m/min), un amateur qui réalise le premier doublé au national puisqu'il se classe également 4e. Au classement international, le vainqueur national français ne se classe qu'en 35e position, les grandes vitesses des premiers et le vent d'ouest ayant eu raison des espoirs tricolores.
Les amateurs français étaient d'ailleurs pour le moins dépités en apprenant les heures de constatation des premiers pigeons. Le temps passant et ne voyant toujours rien venir chez eux, mis à part le pigeon de la colonie Baesel à l'extrême est de la France, ils avaient bien compris qu'il ne fallait pas se faire d'illusion pour le classement international. Il a fallu attendre 17h30 pour voir plusieurs pigeons commencer à tomber ici et là aux plus courts points du pays (moins de 700 kilomètres), le vainqueur national n'étant finalement constaté que plus d'une heure plus tard.
Yves Descamps me confia avoir été surpris par l'arrivée de son pigeon vainqueur qui fendit les airs en pleine direction de l'est, une direction somme toute logique au vu de la position géographique de Marseille et des conditions de vol. Le lendemain, il pouvait savourer sa victoire nationale, cette dernière lui ayant été confirmée!

Présentation

La première licence d'Yves Descamps, un retraité de 56 ans, date de 1975. C'est un peu par hasard qu'il est entré en contact avec le monde colombophile, lui qui ne comptait aucun amateur dans sa famille. En fait, il a contracté le virus en venant en aide à un mineur qui était colombophile. Malade, ce dernier ne savait plus se rendre dans ses installations afin de s'occuper de ses protégés. Yves se proposa de l'aider alors qu'il n'y connaissait rien et, petit à petit, la magie a fait le reste.
Désormais retraité, il vit sa passion à 100% et ce sous tous les aspects puisqu'il s'est également impliqué dans plusieurs postes de dirigeants. Président de la société de Coutiches (la plus importante société française pour les concours internationaux), il est également le trésorier du cercle des internationaux français, organisation qui prend à sa charge le suivi des internationaux en France. Ayant naturellement fait ses armes en vitesse et en demi-fond, cela fait plusieurs années qu'il a tout axé vers les concours internationaux de grand fond qui jouissent d'une popularité sans limite en France. Il ne constate d'ailleurs jamais ses pigeons en-dessous de 600 kilomètres. Sa colonie est basée sur plusieurs grands colombiers belges par achats directs. Citons par exemple les Georges Carteus, les feu Etienne Devos, les Frédéric Fernand (lignée du 1er international Dax), les feu Henri Mornard ou encore les Emiel Denijs. L'équipe de jeu est composée de 66 veufs (dont une quarantaine de vieux) joués au veuvage classique ainsi que d'une quarantaine de célibataires. Les 20 couples de reproducteurs élèvent annuellement une centaine de jeunes, seulement débloqués durant l'année de leur naissance. Même chose pour les yearlings qui ne participent qu'à quelques concours mais qui sont par contre entraînés plusieurs fois à déloger avec un lâcher à 21 heures, et ce afin de leur apprendre le métier en vue de leur future carrière qui ne commence véritablement qu'à l'âge de 2 ans.

Le vainqueur

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Yves Descamps ne s'attendait absolument pas à constater ce pigeon en tête. Né à la fin du mois de juillet 2013, Marseille constituait le premier gros concours de sa carrière qui ne faisait que débuter. Rappelons que les yearlings sont à peine joués et qu'Yves ne constate aucun pigeon avant 600 kilomètres. Faites le calcul: c'est la première fois que ce jeune pigeon figurait sur un résultat. Mais quel résultat! Plus tôt cette année, le vainqueur avait successivement participé à Gien, Nevers, Chalons, Maçon et Miribel. Bref, que des étapes situées sur la ligne de l'est.
Ces derniers temps, le vainqueur avait pris possession du spoutnick et il défendait son territoire avec beaucoup de vigueur. Il se trouvait dans le même pigeonnier que le premier marqué de l'équipe de Marseille. Ce dernier a pu voir sa femelle avant l'enlogement, privilège que n'a pas reçu le vainqueur. Après coup, Yves Descamps pense que cela a pu motiver son pigeon. C'est en tout cas une explication tout à fait plausible!

En conclusion, Yves tenait à remercier ses amis du local de Coutiches avec lesquels il échange régulièrement des pigeons et avec lesquels il passe de bons moments entre amis. Il préfère ne pas citer de nom de peur d'oublier des gens. Sachez que la victoire nationale a été fêtée comme il se doit.
Il tient également à passer un petit clin d'oeil aux jeunes qui s'investissent en colombophile et qu'il essaie d'aider avec ses amis. L'avenir de notre sport en dépend. Nos félicitations au vainqueur.