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Duquesnoy Franck remporte le Pau international! (2004)


Franck DUQUESNOY : de Outreau

La France a la "cote" dans les Internationaux ces dernières années!
Remarquez qu’en titre nous utilisons le mot cote sans employer l’accent alors que Franck demeure précisément sur la côte française. C’est à dessein que nous le faisons et ce afin de souligner le débat régnant en France sur les lignes de vol. Ligne de l’ouest, ligne du centre, ligne de l’est, tout cela est bel et bien l’aliment principal des conversations et n’appartient donc pas au seul vocabulaire belge…

En France, comme en Belgique, le débat fait rage
et est aussi vieux que la colombophilie. Avantage ici ou avantage là… Les techniques modernes les plus sophistiquées ne changeront jamais rien à la situation et c’est heureux ainsi. Des paramètres extérieurs aux pigeons ou aux installations interviendront toujours pour brosser le scénario d’un concours et le vent fait partie de ceux-ci.

On écrit souvent que le vent peut décider du résultat, cette affirmation est bien réelle mais ne résume pas tout, elle se plonge simplement dans un schéma de déroulement de l’épreuve. Il serait trop simple, trop réducteur de remettre sur le seul compte du dieu Eole les clés de la réussite également et en ne s'appuyant que sur cela pour expliquer le succès... ou l'échec!

Une saison est longue, par ses différences de climat, de températures, de vents, elle finit par mettre tout le monde sur le même pied d’égalité, tantôt c’est pour ici et une autre fois c’est pour là. Et si ce n'est pas cette année, ce sera l'an prochain!

Il faut pouvoir regarder un peu au-delà du bout de son nez et s’ouvrir sur le partage, le règne total ne conduit de toute façon que vers l’abandon. Certes, il faut pouvoir proposer différents points de départ, sur différentes lignes de vol et ce afin d’essayer de contenter tout le monde mais au final, le vent jouera toujours son rôle de juge.

Ainsi, si en fonction de la direction du vent, on s’attendait à voir les courts points de la côte française prendre les premiers pigeons de Pau, en fonction du déroulement des autres épreuves, c’est la vitesse qui a surpris. Plus de 100 mètres/minute plus vite que les pigeons de retour de Bordeaux. Dès la première annonce au local de Boulogne-sur-Mer, il semblait acquis qu’il serait difficile de distancer le second désigné du colombier Duquesnoy et la suite apportera confirmation : une nouvelle victoire internationale tombait dans le panier de nos amis français!

La France et les Internationauune jeune et belle histoire d’amour
Il y a une trentaine d’années, les Internationaux en France ne récoltaient l’adhésion que de quelques colonies fortunées qui avaient les moyens de se déplacer pour les enlogements mais surtout pour se payer les oiseaux capables de rivaliser, tant bien que mal, avec les meilleurs champions belges. Avec la nouvelle génération qui entre à présent dans la quarantaine, nous observons une plus large ouverture sur ces internationaux. La colombophilie française a évolué, elle s’est renforcée, améliorée et a osé venir affronter les participants des internationaux sans plus aucune peur. La plus belle preuve réside en nos visites successives aux vainqueurs internationaux ces deux dernières années.

En 2002, nous montions chez Sandrine et Pierre Verove de Ghyvelde qui venaient de vaincre sur ce même concours de Pau. L’an dernier, c’était au tour d’Eric Vanacker de faire la une des journaux avec son triomphe sur Perpignan. Pour le premier international de la saison 2004, c’est du côté de Boulogne-sur-Mer que nous avons été appelé à nous rendre afin de mettre à l’honneur Franck Duquesnoy. Point commun entre ces trois colonies: leur propriétaire est sensiblement du même âge, dans la quarantaine ou pas trop éloigné. Et n’allez pas nous dire que cela est fonction de tels ou tels paramètres météorologiques ou autres, nous voyons l’explication dans une autre voie, celle de la valeur, de la classe des voiliers et de la maîtrise des managers de ces différentes colonies. Le contexte des internationaux a changé définitivement de visage et la France fait partie du paysage colombophile au même titre que les autres nations!

Franck Duquesnoy, en bref…
Dernièrement, nous lisions une étude sur le caractère des pigeons et de l’influence de l’humeur ou de l’entrain du maître sur ses protégés. Nous apprenions ainsi que le pigeon pouvait ressentir un état dépressionnaire et entrer de concert dans cet état avec son manager. S’il en va de la sorte, il n’est nullement étonnant de voir les prouesses réalisées par les oiseaux Duquesnoy et ce en fonction de l’attitude du propriétaire.
Franck, on pourrait le comparer à une fourmi, une ouvrière. Il est en perpétuel mouvement, toujours occupé à l’une ou l’autre chose et il a un agenda qui déborde de façon incroyable.

Infirmier indépendant à domicile, il s’impose des horaires de travail harassants. Il débute sa journée à 7 heures 30 le matin pour la terminer à 12 heures 30 et reprend ensuite de 17 heures 30 à 21 heures et ce 7 jours sur 7. Tous les deux mois à trois mois, il prend alors deux semaines de repos. Dès 5 heures du matin, il est sur la brèche et inspecte les différents colombiers, la fiente matinale servira de guide médical avec intervention ou non suivant la consistance. Durant la journée et en fonction de sa tournée, il repassera brièvement à la maison pour ouvrir ou fermer une trappe, donner la liberté à tel ou tel colombier, etc. Pour ne rien simplifier, malgré cet emploi du temps “over-booké”, il a encore la charge, en compagnie de son papa et de son frère, de l’administration de la société de Boulogne s’occupant entre autres de l’enlogement des internationaux. Pas évident dans ce contexte de manager une colonie de la taille de la sienne et pourtant…

Tout gamin, Franck amenait toutes sortes de bestioles à la maison, c’était un passionné d’animaux. Le jardin familial hébergeait ainsi une faune diversifiée allant de l’escargot en passant par le lapin ou le pigeon paon. C’est dans ce contexte que le cadeau d’un grand-oncle ne demeurant pas loin de là et consistant en un plein panier de pigeons et d’un constateur vint faire office de déclencheur.
Un bambin d’une douzaine d’années venant chatouiller les moustaches des plus âgés à une époque où ces derniers étaient bien plus portés à garder jalousement leurs “secrets” et se moquer de la génération en courtes culottes… Franck était certes vexé des moqueries lors des dépouillements qui étaient terminés à son arrivée au local mais focalisait son attention sur le colombier d’élevage, c’est de là croyait-il que jaillirait la lumière! Le cap mis sur les internationaux dès la vingtaine d’années allait très vite démontrer que le jeune Franck avait trouvé l’interrupteur!


Une colonie très forte, puissante même!
Ce qui impressionne de prime abord en rentrant chez Franck est le nombre élevé de voiliers hébergés. Soixante-dix vieux veufs, soixante mâles et soixante femelles de deux ans joués au veuvage total et encore une bonne centaine de tardifs ou jeunes hâtifs. Ajoutons à cela les reproducteurs et nous voilà en présence d'un gros contingent. Au vu des activités de Franck, les activités professionnelles s'entend, ce nombre pourrait paraître ingérable mais, d’après nos premières constatations, le citoyen de la côte assure magnifiquement bien le suivi de la colonie. Nous avouons sans détour que nous ne pourrions nous occuper de pareil nombre. Mais chacun voit la colombophilie sous l'angle qui lui est le plus favorable et au vu des résultats déjà engrangés chez Duquesnoy, il serait idiot d'écrire qu'il fait fausse route...

C'est au local des internationaux de Boulogne que nous avions rendez-vous avec la famille Duquesnoy, nous pouvionscompter sur l'aide de notre ami Joël Evrad afin de nous mener par les petites routes arrivant au local colombophile situé à la périphérie de Boulogne. Quelques fameux calibres de la colombophilie française étaient occupés à l'enlogement des pigeons pour Barcelone et ce sous la direction du trio administratif composé de la famille Duquesnoy. Nous avons de la sorte eu le plaisir de saluer Robert Ben, celui qui possède le meilleur pigeon du monde sur Barcelone et Perpignan combinés la même année. Michel Dubois, l'un des meilleurs joueurs de fond de France et s'étant distingué à la coupe d'Europe. Alain Bavencoff, autre joueur de fond réputé. Gérard Fruitier, avec qui nous avons eu le plaisir de tailler une bavette était aussi à Boulogne, il visera un nouvel exploit comme lui réalisa "Aurore" en remportant une victoire nationale sur cette même épreuve catalane.

Cela dit au passage, Gérard a déjà frappé très fort lors du concours de Pau comme vous avez pu le lire dans les premières projections de classement.
C'est également à Barcelone que devait prendre part le vainqueur international mais il dut se "contenter" de Pau en raison de son état de forme. Le hasard a finalement bien fait les choses.

Paysage presque "montagnard" que celui habité par la colonie Duquesnoy, l'air de la mer et les falaises abruptes donnent bien du fil à retordre aux voiliers lors des entraînements quotidiens. Gageons que cet air pur gonflant les poumons des champions locaux est de nature à décupler leurs forces, comme nous le renseigne la magnifique prestation sur Pau.
Franck n'avait pas beaucoup de temps à nous accorder, il n'a d'ailleurs jamais le temps nous confiait son papa. Juste quelques heures entre les deux périodes de travail, agrémentées de l'enlogement de Barcelone et de la visite des "journaleux" en quête de renseignements pour la ponte d'un article, il fallait faire au plus vite, comme d'habitude. Ses patients comprendraient en effet très mal son absence, il est des professions où les excuses ne font pas partie du vocabulaire habituel. Soigner les gens est plus qu'un métier, c'est une vocation et Franck est de ceux qui savent ne pas manger leurs serments.

C'est donc, comme toujours, à la vitesse supérieure que Franck s'arrange pour nous recevoir tout en s'occupant de ses pigeons. Rien n'est programmé chez lui, le boulot dicte les horaires au colombier. Il en va comme cela pour les volées qui sont irrégulières au possible, les oiseaux demeurant parfois deux heures ou plus dehors dans l'attente du retour du patron. Pas de chipotage pour la nourriture car celle-ci est distribuée à volonté et ne consiste qu'en un seul mélange complet, le dépuratif étant banni. Seule une ration supplémentaire de légumineuses est au programme en fin de préparation. Pas de soins vétérinaires non plus et c'est le feeling et l'observation qui possèdent les commandes. De vieux produits dont l'efficacité est reconnue tel le CCP sont utilisés pour la désinfection.

Tout est programmé en fonction des 600 km et des internationaux. Les tardifs sont appréciés et cultivés en grand nombre. Tardifs et jeunes de l'année sont hébergés dans un même grand colombier et reçoivent un entraînement convenable durant la première année, exploités au célibat. Les "dix-huit" mois et les deux ans sont joués au veuvage total, mâles et femelles participent donc aux concours. Ce n'est que depuis deux ans que Franck a repris le jeu avec les femelles, appréciant les exploits de plus en plus nombreux réalisés dans les concours de grand fond par la gent féminine. Des équipes de vol sont formées en début de saison et sont envoyées par paquets complets aux étapes reprises au programme. Il est évident que de cette masse se dégagent les meilleurs et que les exploits répétés de la colonie Duquesnoy ne sont pas l'effet du hasard.


Reprenons d'ailleurs quelques exploits de la colonie Duquesnoy lors
de ces dernières années. .
- 4e national Marseille 1990.
- 2e national Pau 1992.
- 4e national Pau 1992
- 1er national Dax 1993.
- 5e national Dax 1993.
- 2e national Dax 1994.
- 4e national Barcelone 1996.
- 6e national Dax 1996.
- 7e national Dax 1997.
- 7e national Perpignan 1997.
- 7e national Perpignan 1999.
- 2e national Perpignan 2000.
- 2e national Dax 2000.
- 4e national Dax 2000.
- 3e national Dax 2002.
- 8e national Dax 2002.
- 17 prix de 19 engagés, classés par dizaine à Dax international 2002.
- 4e international San Sebastian 2003.
- 13e international Dax 2003.
- 31e international Perpignan 2003.
- Etc.

 


Remarquez les narines souillées par l'absorption de CCP.

Le "Turbo", 320723/00, vainqueur international Pau 2004

Petit sujet, bleu, assez nerveux, voire craintif. Il a d'ailleurs choisi une place au colombier à l'abri des regards, dans une case du bas où il se sent bien. Il provient d'une lignée de champions et un de ses frères vole le 4e national Barcelone alors qu'un autre réalise le 21e national Barcelone 1999 et le 11e national en 2000.
Le "Turbo" est venu au monde durant le mois de septembre et il vola pour la première fois en 2001 quelques entraînements.

En 2002, il réalise le 174/6417 Tulle et obtient encore des prix de Limoges et Montauban.
L'an dernier il enlève le 222/17443 Limoges; 721/7884 Royan; 77/3656 Nîmes et 31/19420 international Dax.
En 2004, il vole Tulle (846/5407) avant de réaliser l'exploit de sa vie sur Pau.


Son père est un sujet Tronquoy de Richebourg, de la lignée du "Vidocq", 4e international Barcelone 1985 et vainqueur national. Son grand-père paternel vola lui-même le 3e national Barcelone.
Du côté maternel, on retrouve la fameuse base des Gorin-Cattrysse avec une femelle qui est la soeur du 2e national Pau, 2e national Dax, 8e national Pau, 10e national Pau, etc. Son grand-père maternel est un oiseau ayant remporté 12 prix dans les concours internationaux, comme 5 X Barcelone et 3 X Perpignan, dont un 4e national Barcelone.

Ces races Gorin et Cattrysse sont d’ailleurs le fil conducteur au colombier d’élevage. Elles furent obtenues aux débuts de Franck chez Joseph Charles ainsi que chez Brasseur et Roussel. Ces voiliers sont à l’origine d’une multitude d’exploits sur les internationaux.

Le second fil conducteur réside en les sujets Tronquoy, merveilleux oiseaux qui se croisent à ravir sur les Gorin-Cattryse, comme le prouve d’ailleurs le vainqueur international de Pau. Des introductions portent encore les noms de Vermote, Deguillage, Peeters, Vanbruaene, Hetru, Toye, Aarden, Van Der Wegen, Hermes, Deridder.



La case du vainqueur international de Pau.


Pau, chasse gardée des colonies françaises ?

Ce concours international de Pau, annulé l’an dernier en raison de la peste aviaire, tombe pour la seconde fois consécutive dans l’escarcelle d’une colonie française et ce juste dix ans après celle obtenue par Eugène Calin. C’est dire la domination de la France dans l’épreuve qui est considérée par beaucoup comme celle de vérité en raison de la participation des meilleurs sujets de chaque colombier. Que ce soit chez Calin, chez Verove ou à présent chez Duquesnoy, l’oiseau est à chaque fois issu d’une lignée de grands vainqueurs sur les étapes de grand fond, nullement question d’invoquer la chance ou le hasard dans ces conditions.

Chez Duquesnoy, la qualité est présente à tous les étages des pedigrees et la façon de gérer la colonie impressionne. Il est évident qu’élever avec des oiseaux de qualité et engager le grand nombre à la distance finit par payer mais encore faut-il pouvoir garder cet effectif en grande santé. Sur ce point-là, nous ne pouvons que tirer notre chapeau pour la maîtrise avec laquelle Franck parvient à sortir son épingle du jeu.
Pouvoir conjuguer vie de famille, vie professionnelle ultra chargée et vie associative prenante, le tout multiplié par la charge imposée par les nombreux oiseaux n’est pas une mince affaire.

Espérons que Franck pourra dégager de son calendrier la date de remise des prix de la Colombe Joyeuse. Qu’il prendra, enfin, pleinement le temps de réaliser l’exploit qu’il vient d’accomplir en inscrivant son nom à cette prestigieuse épreuve. Il était tellement occupé dimanche avec l’enlogement de Barcelone, la rentrée des pigeons du concours de préparation sur Dax qu’il ne nous donnait nullement l’impression de savourer pleinement sa victoire. Il vient de rejoindre les plus grands joueurs de la colombophilie internationale et son nom ne fera pas tâche au palmarès de l’épreuve de Pau.

Nous avons vu les forces que recèlent la colonie, nous sommes persuadés qu’il ne va pas s’arrêter en si bon chemin et que nous parlerons encore de cette imposante structure.
Le « Pipa-Team » vous félicite chaleureusement Monsieur Duquesnoy !