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Le tandem Ponlot-Lalande de Longvilly, vainqueur du concours national de Montélimar... avec une ardeur d’avance.

La première des trois étapes de la ligne du Rhône a sacré Dominique Ponlot qui prend ainsi une belle revanche sur la vie.

Les étapes de la ligne du Rhône sont décidemment bien à part. Alors que les concours de ce weekend se déroulaient à une moyenne de 1.500 m/min pour les premiers pigeons, la première étape Rhodanienne de la saison, Montélimar, a été remportée par un pigeon qui a volé à la vitesse moyenne de 1.221 mètres par minute, soit 25 mètres par minute de plus que son plus proche poursuivant et… le seul des 8.031 pigeons engagés à dépasser les 1.200 m/min !!!
La ligne du Rhône n’a rien à voir avec les concours habituels. La ‘faute’ au relief montagneux, accidenté dans lequel les pigeons n’aiment pas évoluer et à ce fameux mistral, vent de face qui souffle comme nul autre. Ces étapes nécessitent des pigeons de fers. Dès lors, il est inutile d’y enloger vos seconds couteaux, vous jetterez alors votre argent par la fenêtre. De plus, cette fameuse ligne s’est constituée de nombreux adeptes, des spécialistes qui les attendent de pied ferme chaque saison, habitant majoritairement Liège, Namur, le Hainaut… et le Luxembourg et qui voient là l’occasion rêvée de s’illustrer au niveau national.
Nos voisins du nord du pays y participent également mais, vu les effectifs qu’ils engagent, on ne peut pas dire qu’ils en soient réellement friands.  Que soit…
Les vainqueurs de l’année dernière, les Bourlard père & fils d’Harveng, avait réussi l’exploit de remporter les 1ère & 2eme place nationale. Le vainqueur de cette année, peu de gens le connaissent.
Et pourtant, l’étape de la capitale du nougat vient ici de sacrer le plus beau vainqueur dont elle pouvait rêver. En constatant son mâle écaillé à 15h08 pour 614 Kilomètres, Dominique Ponlot réalisait l’exploit de sa carrière en remportant la victoire nationale et ce face à toute la masse. Cette victoire, c’est aussi une revanche qu’il prend sur la vie.
 


 

La victoire de l’abnégation
Courant 2007, comme il le dit lui-même, Dominique Ponlot est ‘foutu’. La faute à son cœur qui ne marche plus. Il vit alors dans l’attente d’une greffe, avec l’angoisse que celle-ci n’arrive jamais… qu’il ne soit déjà trop tard. Une attente interminable qui prendra cependant fin avant que l’année ne soit finie. Originaire de Namur, de Jemeppe-sur-Sambre plus précisément, il décide alors de se rapprocher de ses parents, partis vivre leurs vieux jours dans les Ardennes. Conscient qu’il est passé par le chat de l’aiguille, c’est une toute nouvelle vie qui commence. A ce moment-là, il n’est pas colombophile, du moins plus. En effet, Dominique avait auparavant goûté à notre sport dans les années 70 lorsqu’il joua en tandem avec son père. Il stoppa alors lorsqu’il quitta le domicile familial, recommença à nouveau durant les années 90, mais arrêta de nouveau après quatre années.
Après son opération et son déménagement, il souhaite passer son temps libre dans une occupation saine… pourquoi ne pas rejouer à pigeon ? La preuve que ce satané virus ne nous quitte jamais…
Il se met alors à la recherche de pigeons de fond, créneaux dans lequel il souhaite se lancer. Il entre alors en contact avec Jean-Luc Struys, un vieil ami qui souhaite se débarrasser de ses… pigeons de fond. Il rachète alors le lot. Il y a des pigeons de chez Florizoone, Toye, Vanhaverbeecke, Beelen, etc.
Ils seront complétés plus tard par des pigeons de Richard Parmentier de Meux.
Tout ce beau monde est logé dans la grange mitoyenne à la maison qu’il occupe avec sa compagne actuelle, avec qui il forme d’ailleurs le tandem. Des colombiers secs et bien aérés. Idéal pour s’adonner à sa pratique favorite. Dominique reprend donc part à la compétition en 2008. Et voila que trois ans plus tard, c’est la consécration suprême qui lui tombe dessus ! Une vraie revanche sur son destin.

Composition de la colonie et système
L’équipe des reproducteurs est composée de 14 couples. La majorité des acquisitions sont toujours là, vu l’âge de la colonie. En ce qui concerne les voyageurs, les vieux, au nombre de 11, sont joués au veuvage classique. Ils ont été mis en ménage le 4 mars, ont pu couver quelques jours puis ont été mis au veuvage. Les yearlings, joués au célibat, sont 12. Nous avons donc à faire à une mini colonie. Les vieux sont majoritairement destinés à être joués sur… la ligne du Rhône alors que les yearlings participent au programme local avec Limoges et Tulle en point de mire. Entre chaque concours, Dominique leur accorde trois à quatre semaines de repos.  Il cible donc ses concours.

Montélimar
Dominique avait enlogé 8 vieux sur cette étape. Son vainqueur, le BE 09-7007335, a été constaté à 15h08 pour un peu plus de 614 kilomètres. Etait-il spécialement motivé ?
'Sa femelle était chaude' nous expliqua en rigolant son heureux propriétaire. Une certaine ardeur.... qui lui donna beaucoup d'avance !!
Le deuxième pigeon s'est fait officialiser à 16h42, puis 16h43, 18h27 et enfin 18h39.




Dominique n'est pas un homme d'administration . Les informations au sujet du vainqueur national sont donc lacunaires.
Les parents sont deux pigeons qu'il a acquis chez son ami Jean-Luc Struys. Un investissement qui se paie cash !
Père : '963/06' (BE 06-8030963), un croisement Jacobs x Schellens.

Mère : '456/06' (BE 06-8031456), croisement 'Crack Noir Van Den Eynde' x 'National II Herbots'. Le 'Crack Noir' remporta 15e national Cahors, Limoges 3/2.460, Bordeaux 1/3.691, Brive 5/2.778.

5° Prov. Limoges 253 pigeons (550 KM)
18° prix Troyes 193 pigeons (205 KM)
1er Nat. Montelimar 8.031 pigeons (614 KM )

Avec cette victoire, nous avons à nouveau eu la preuve que notre sport peut être magnifique. Dominique et sa compagne viennent de vivre des moments magiques de leur existence, après avoir vécus des choses moins réjouissantes. Des moments qui resteront à jamais gravées dans leur mémoire et qui constituent à coup sur l’apogée de leur carrière colombophile. C’est également une bien belle vitrine pour la pratique de la colombophilie dans la province de Luxembourg, là ou notre sport est sans doute l’endroit où sa pratique est la plus difficile au regard de sa densité colombophile, du relief et des… rapaces.
Cela faisait maintenant une dizaine d’années qu’une victoire nationale n’était pas venue combler de bonheur un colombophile luxembourgeois. Le signe indien est maintenant brisé. Nous croisons les doigts pour que Dominique soit très vite rejoint par un de ses voisins. Nos sincères félicitations.