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De Roeck Luc remporte le national de Montélimar! Au sommet de son art depuis de nombreuses années!

Luc De Roeck est âgé de cinquante-deux ans et il exerce le métier de boucher dans une grande surface, "celle pratiquant les prix où si vous trouvez moins cher ailleurs, ils vous remboursent la différence"…
Son grand-père était un fin colombophile, reconnu comme grand spécialiste du jeu de vitesse, brillant de son art dans la partie néerlandophone du pays, celle d'où il était originaire.
Adolescents, Luc et son frère étaient attirés par les pigeons du voisinage qui traînaillaient dans leur jardin et qu'ils nourrissaient à l'occasion. Sous l'insistance des jeunes, le paternel finit par céder et donna sa bénédiction quant à la détention de pigeons voyageurs. Mieux, même, il finit lui-même par se laisser gagner par le virus. L'association père et fils (au pluriel) était sur les rails.

Fin des années '60, les jeunes frères De Roeck se lièrent d'amitié avec l'un des meilleurs colombophiles de la région, Monsieur Meunier. L'homme possédait alors les meilleures souches du pays avec des De Jaegher de Melden, Hector Desmet de Grammont, Camille Durant et même quelques sujets Gorin de Ramegnies-Chin.
L'amateur vieillissant, les frangins se chargeaient de l'aider dans les tâches les plus lourdes. Luc se souvient avoir beaucoup appris au contact de ce joueur, enseignant dans l'âme, c'est ce bagage qui lui permet de côtoyer sa réussite actuelle.
Bien sûr, les descendants des meilleurs oiseaux hébergés à l'époque chez Meunier furent offerts aux frères De Roeck qui, armés de bons conseils, ne tardèrent à réaliser des prouesses.

Les fondements de la colonie étaient jetés avec cette sorte fantastique et ce sang riche coule encore actuellement tel un fil conducteur dans la colonie.
Mais, déjà à cette époque, les occupations professionnelles de Luc allaient lui jouer un bien vilain tour.
En 1972, alors que la colonie était en plein boum, une victoire nationale aurait dû tomber dans l'escarcelle. Le frère de Luc était installé à son compte et jouait à Jumet. Luc, travaillant déjà en horaires assez irréguliers et étant retenu ce samedi-là à la boucherie, c'était le paternel qui enregistrait l'arrivée des champions. Malheureusement, il prit son poste en retard et la victoire venait de s'envoler pour quelques secondes.

Chez les De Roeck, poussés par Luc, l'ambition était très grande. La recherche d'éléments capables de bonifier la colonie était toujours constante. Certes la base des Meunier faisait merveille mais du sang neuf fut tout de même apporté et pas n'importe lequel.
En 1977, ils se rendirent propriétaires du "Bordeaux" de Richard Mersch de Strée. Un an plus tard, ce fut l'acquisition d'un demi-frère au "Bourges" de chez Henry Van Neste. Ce pigeon, croisé à la vieille base, fit des prouesses au colombier de reproduction et fut à la source de très nombreux succès.

Début des années '80, et pour une période de cinq ans, Luc mettra la colombophilie au second plan avec la construction de sa demeure. Il jouait certes encore en tandem avec son père mais ce n'est que depuis 1985 qu'il possède ses propres colombiers.
Tout ce qui faisait le succès du tandem fut ramené à la rue du Vivier au Pont. Le père de Luc stoppa le jeu de pigeons et décéda peu après tandis que son frère jeta l'éponge, purement et simplement.

Sur le solide socle des Meunier, croisés avec les origines dont question ci-dessus, Luc apporta de nouveau du sang Van Neste. Début des années '90, ce sont les oiseaux de Raymond Cobut qui font une entrée remarquable au colombier de reproduction avec pour conséquence une nouvelle amélioration des résultats.
L'origine du "King" Herbots sera également une introduction gagnante.
Ces dernières années, en vue d'injecter du sang de grand foncier, quelques sacrifices financiers ont encore été faits avec l'apport des Van Eenoo, Imbrecht, Deneufbourg et Denys.

Une colonie en constante progression!
Il est un fait indéniable, c'est la montée en puissance de la colonie De Roeck ces dernières saisons au niveau national et même international. L'homme sait y faire et s'adapter à la situation, c'est un vrai colombophile, un connaisseur dans l'âme. Il est dépassé le temps où une colonie qui faisait la loi au niveau local était citée en tant que référence, les lettres de noblesse s'acquièrent à présent sur d'autres terrains, le besoin continuel de s'adapter, de progresser doit toujours être à l'ordre du jour. De la vitesse, où il réalise encore de très impressionnantes prestations, Luc est passé au demi et au grand demi-fond, il se tourne à présent vers les étapes plus lointaines et lorgne vers le calendrier international. Les résultats de ces dernières saisons tendent à prouver qu'il est sur le chemin le plus direct y menant, pouvant s'appuyer sur une réelle expérience et des qualités bien dans la lignée des meilleurs joueurs wallons. Les Roosens, Englebienne, Cobut et autres grands maîtres wallons ont en la personne de Luc De Roeck un successeur tout désigné.

Le colombier de reproduction est riche d'une douzaine de couples qui assurent la relève avec entre 60 et 80 jeunes chaque année. Les veufs sont au nombre de 48 et il faut ajouter à cela une douzaine de couples qui sont joués tantôt au naturel, tantôt sur le système de la jalousie ou encore en veuvage.
Ayant vécu une restructuration d'entreprise et un déménagement obligatoire au niveau professionnel, Luc ne dispose plus de son temps libre en week-end comme il le voudrait. Il n'est pas rare qu'il doive travailler le samedi et son horaire ne lui est communiqué que tardivement, il doit s'organiser en fonction de ce paramètre.
La saison 2004 laisse d'ailleurs pas mal de questions en suspens au niveau de la participation aux épreuves en fonction du temps disponible. Il peut heureusement compter sur l'aide de son ami Jean Dethaye qui lui donne un sérieux coup de main en certaines occasions et notamment pour la mise en loges. Il a certes programmé ses congés en fonction du calendrier colombophile mais il doit cependant s'organiser et son épouse est aussi d'une aide appréciable pour palier à l'une ou l'autre absence forcée.

Ce qui est remarquable dans la façon de travailler chez De Roeck, c'est la ponctualité, l'heure c'est l'heure et pas question d'avancer ou de reculer une volée ou la distribution de nourriture. A propos des volées, Luc regrette un peu la diminution du nombre de colombophiles, auparavant les colonies allaient chercher les voisines et l'exercice était bien plus soutenu. Actuellement, les pigeons partent dix minutes et, ne rencontrant aucune autre colonie afin de s'exercer de concert, remettent bien vite le cap sur les installations. Une à deux fois par semaine, travail oblige, certaines volées sont supprimées, il est préféré cela à l'autre solution qui consisterait à retarder ces dernières.

Le suivi sanitaire de la colonie est une question de feeling, on apprécie ici à loisir toute la qualité du parfait colombophile qu'est Luc De Roeck. Ce sont les fientes matinales qui dirigeront les soins et qui justifieront ou non une intervention. Luc nous laisse une excellente impression, de celles qui se dégagent lorsque vous parlez à quelqu'un qui connaît son métier, de la race des plus grands champions assurément.
L'emploi des médicaments se fait de manière rationnelle et on n'y vient que lorsque l'évidence s'impose. Pour le reste, c'est la rusticité qui est recherchée. Autre exemple nous est donné avec l'emploi "des pierres à picorer à la façon de Manage". Plutôt que de se soumettre à un investissement qui est lourd au bout d'une année, Luc récolte de la terre argileuse qu'il laisse sécher et qu'il met à disposition au colombier. Les pigeons en raffolent et il faut avouer que le coût est minime au regard du prix de la pierre vendue dans le commerce.

C'est ce même feeling qui est au menu de la distribution de la nourriture. Le mélange concours se compose de trois sortes de "sport" mis ensemble mais est aussi donné suivant l'aspect et l'état de récupération du voilier. A la prise en mains, Luc estime si oui ou non il est besoin de forcer sur l'apport du "diète" ou si le besoin se fait sentir d'apporter des réserves supplémentaires.

Les colombiers ont été réalisés avec du matériel de réemploi et tout y a été calculé en fonction de l'instauration de la grande santé et du maintien de la bonne forme. La largeur a été analysée de manière telle à ce que le vent ne vienne directement tomber sur le dos des pigeons, il faut un bon volume d'air sans que cela ne se transforme en courant d'air. On ne peut pas dire que les colombiers soient beaux, ce qui semble certain est que les pigeons s'y sentent bien.

Mais quelle qualité habite les installations De Roeck!
Il est sûr que l'expérience a apporté des certitudes au fil des ans. Les jeunes mâles n'ont pas besoin d'être poussés outre mesure et il ne faut pas bien longtemps à Luc pour distinguer les qualités de tel ou tel oiseau, il n'est point besoin d'aller trop loin, de casser l'élastique dans la prime jeunesse.
Cela aussi fait partie de ce que l'on peut appeler la connaissance en colombophilie.

Une victoire nationale après laquelle Luc De Roeck courait depuis près de 30 années!
Nous avons vu un peu plus haut que la victoire nationale s'est dérobée entre les mains de Luc, il l'a beaucoup côtoyée durant ces trente dernières années sans que cette dernière ne daigne tomber dans l'escarcelle. Depuis ce 12 juin, cette lacune est comblée! Et de quelle manière! Cette nouvelle étape nationale à portée de Montélimar peut se targuer d'avoir révélé un sacré vainqueur, un grand Monsieur du sport colombophile belge!
Mais que dire alors du pigeon lui-même!


9006081/01

Il est issu d'un mâle acheté à la vente Daems et d'une femelle de chez Julien Van Eenoo, son père vola le 15e national Dax.
2001
Collégien: 17/195.- Nanteuil: 59/225. -

2002
Nanteuil: 15/239. - Nanteuil: 50/177. - Toury: 30/1565. - Orléans: 173/1467. - Bourges: 9/831 et 478/16945.
Châteauroux: 950/9308. - Argenton: 318/1012. - Limoges: 116/5757 et 891/24479. - Bourges: 971/4535.

2003
L'Escallière: 15/1098. - Momignies: 17/480. - Toury: 23/4391. - Châteauroux: 9/3371 et 95/8538.
Argenton: 39/676 et 306/4047. - Marseille: 13/152 et 1510/20786.

En 2004, il était destiné à Barcelone vu son état à la rentrée de Marseille l'an dernier, son voyage au pays du nougat restera cependant son dernier périple!
C'est tout le colombier De Roeck qui respire la grande santé et ce deuxième week-end de compétition de juin est à mettre en exergue. Luc remporte d'abord de concours régional de Toury, il embraye ensuite en remportant les 4 premières places de Châteauroux pour terminer en soirée par une victoire nationale! Chapeau Luc!


Pourtant, ce n'était pas la joie avant ce grand événement et Luc qui était au poste depuis 17 heures 30 pour accueillir les Montélimar perdit patience une heure plus tard. Il croyait que les carottes étaient cuites et, en fonction de la direction du vent, croyait que les premiers prix partiraient dans la province de Luxembourg. Il referma donc les colombiers pour que les oiseaux de retour du demi-fond ne prennent froid et ne risquent ainsi un coryza. Douze minutes plus tard, la vedette de Montélimar plongeait tel un bolide sur le spoutnik et bataillait avec la main de son maître qui voulait lui ouvrir! Une minute fut perdue mais la victoire nationale était belle et bien acquise!

Que les plus grands champions wallons dorment désormais du sommeil du Juste, Luc De Roeck vient de reprendre définitivement le flambeau des plus grands déjà passés à la postérité!