Daniel Poussart (Bourlers, BE) met un terme à sa plus belle aventure!

La nouvelle que nous avons rendu publique il y a un mois aura eu le mérite de faire grand bruit: suite à des soucis d'ordre personnel, Daniel Poussart décidait de mettre un terme à ses activités colombophiles!


Daniel et son cadet, Guillaume, qui s'investissait de plus en plus dans la colonie.

Dans le microcosme du sport colombophile, la décision de notre ami Daniel en aura surpris plus d'un! Après avoir pratiqué la colombophilie depuis son plus jeune âge, la nouvelle de sa décision aura eu l'effet d'une bombe dans nos bureaux! Daniel est en effet l'un des premiers colombophiles à s'être engagé dans une collaboration de long terme avec PIPA, le tout premier en Wallonnie! Mais dans la vie, il y a des décisions qui s'imposent à nous et que l'on doit accepter, même si c'est la mort dans l'âme...
Les 106 pigeons de la colonie partiront prochainement vers les 4 coins du monde, l'occasion pour nous de revenir sur l'historique de la colonie et sur ce qui en a fait son succès: sa philosophie.

Histoire

Daniel est issu de ce que l'on peut appeler une véritable famille de colombophile. C'est par l'entremise de son grand-père, feu Zénobe Mercier (ancien vainqueur de Bourges national), qu'il contracta le virus colombophile en compagnie de son frère, Olivier. Son oncle, René Mercier, est lui aussi colombophile et remporta d'ailleurs le 1er national Marseille en 2000. Il est encore à l'heure actuelle l'une des valeurs sûres du pays de Chimay. C'est en 1985 qu'il pris donc sa première licence, épaulé par son frère Olivier, toujours actif en colombophilie et véritable spécialiste du jeu à pigeonneaux malgrè une situation géographique pour le moins défavorable. La colonie Poussart frères était alors l'une des meilleures colonies de la région en vitesse et en petit demi-fond.
En 1996, construction de la maison à l'adresse actuelle (rue du bois à Bourlers) et, comme c'est bien souvent le cas, le pigeonnier était terminé avant la maison! Daniel le peuple alors avec des descendants des meilleures lignées de son ancienne colonie, bientôt renforcés par deux pigeons de Daniel Dutranoit, en réalité deux fils de son 'Bandit'. De ces deux pigeons naquirent 'Portos' & 'Aramis', deux des premiers cracks de la colonie de la jeune colonie.
Cependant, vu la situation géographique désastreuse et ayant tout le temps devant lui, Daniel décide de s'orienter vers les concours de fond. Il se met donc en quête de matériel adéquat.

Deux rencontres importantes

En 1997, Daniel se rapproche de Jean-Marc Calice (Bourlers), une succursale de la colonie de Feu Denis (Bailleux), un amateur réputé pour avoir remporté des prix de tête sur Barcelone lors du siècle dernier. Voulant allonger la distance, il reçoit 5 pigeonneaux de Calice dont le 'Crack', le mâle qui formera bientôt son couple de base.
A la même époque, Daniel rencontre grâce à sa profession Paul Santens, un des deux membres de la célèbre colonie Santens Frères. Ce dernier avait acheté une femelle lors de la vente de Franck Harring. Il avait acheté cette femelle parce qu'elle avait tappé dans l'oeil d'Etienne Devos. Mais ne sachant que faire de cette femelle, il l'offrit à Daniel qui s'empressa de l'accoupler sur le pigeon qu'il appelait son 'Crack'. C'est ainsi que le couple d'or de la colonie Poussart fut formé: 'Le Crack' x 'La Didi Rhône Valley', parents de la célèbre dynastie des Montauban qui a rendu célèbre la colonie de Daniel Poussart!


Le petit colombier de jeu... un seul mot d'ordre: 'la qualité prime sur la quantité.'

La philosophie Poussart : L'histoire de David contre Goliath

Dans le jargon colombophile, Daniel est ce que l'on peut appeler 'un homme au petit panier'. Il s'est en effet fait connaître au près du grand public pour ses prestations de choc sur ses étapes de prédilection (e.a. Montauban & Narbonne), étapes lors desquelles seulement une poignée de pigeons avaient pour devoir de représenter au mieux l'étendard de la colonie Poussart sur le devant de la scène colombophile nationale & internationale! Seulement intéressé par les concours de fond, Daniel n'avait que faire des idées préconçues qui affirmaient que pour pouvoir s'imposer sur le long terme dans les concours de fond, il fallait disposer d'une importante équipe de jeu. Etant pourtant jeune et disposant d'un jardin qui lui aurait permis de faire bâtir des colombiers à l'envie, il rêvait déjà à l'époque de se démarquer de cette philosophie pour pouvoir librement appliquer la sienne: 'privilégier la qualité à la quantité', certes, mais avec un effectif encore plus réduit que celui jugé 'plus que raisonnable' par la plupart des amateurs! Sa colonie ne comprenait jamais plus de 25 veufs, le nombre d'engagés par concours variant de 2 à 10 pigeons. Cela ne l'empêcha pas d'être considéré comme le 'Mister Montauban' et de remporter plusieurs dizaines de prix dans le top 100 national face aux plus grosses colonies de Belgique! Et pour cause, Daniel n'a jamais enlogé que des oiseaux de qualité qu'il avait façonné lui-même tout au long de leur jeune âge jusqu'à leur maturité qui, pour lui, débutait généralement à 2 ans. En fait, Daniel a toujours eu pour but d'avoir des voiliers en pleine possession de leurs moyens vers cet âge là, raison pour laquelle il n'attache aucune espèce d'importance aux résultats remportés par ses pigeonneaux (qui sont d'ailleurs simplement dégrossis). De même, ses yearlings ne poussent une pointe que sur Jarnac, pas même Narbonne et la seule chose qui importe alors à ses yeux, c'est l'état de fraîcheur au retour.
Une sélection qui, me direz-vous, s'échelonne quand même sur deux bonnes années. C'est effectivement le cas mais, vu la taille limitée de sa colonie, il n'est jamais devenu esclave de son cheptel, ce qui ne l'a jamais détourné de son objectif principal: briller sur les étapes nationales de fond!

Nous avons évidemment collecté l'une ou l'autre anecdote qui vous permettront de vous en rendre compte par vous-même:

1) Narbonne, juillet 2000:

Dernier concours de la saison pour la colonie, Daniel décide d'y enloger deux yearlings pour leur premier concours de fond. Deux semaines auparavant, ils avaient participé à Limoges où le résultat fut pour le moins satisfaisant: 107e & 1.087e de 23.550 pigeons. Les conditions de ce Narbonne sont pour le moins dantesques: canicule et vent de face, très peu de pigeons se feront officialiser le jour même. Bilan: les deux pigeons se font constater à 18 minutes d'intervalle, bons pour les 26e & 51e place national face à plus de 8.000 pigeons avec la première série au national.

2) Montauban, juillet 2005:

Ce concours restera à jamais comme le plus beau moment de la carrière de Daniel. Il y enloge 6 pigeons de 2ans pour leur premier véritable test. A nouveau des conditions difficiles au programme: une forte canicule qui ne fera que faire baisser les vitesses des pigeons au fur et à mesure des heures de vol. Face à 7.303 vieux, Daniel se classe 3e, 41e, 42e & 96e national... il est le seul amateur à placer 4 pigeons dans le top 100 de ses 6 engagés (4 frères !!), une véritable performance au vu du résultat. Pour vous faire une idée, le vainqueur réalise une vitesse de 1.064 m/min contre 1.058 m/min pour le pigeon de Daniel. Ce concours marque aussi un fait important dans l'histoire de la colonie: c'est le début de la dynastie des Montauban!


La 'Montauban Family', née un soir de juillet 2005 ...

3) Carcasonne, juillet 2006

Dernier concours de la saison sur la ligne du Rhône, Daniel y enloge deux pigeon, de même pour son frère Oliver. Petit détail de grande importance: ces 4 pigeons proviennent tous du colombier d'élevage de Daniel. Le résultat est éloquent: 20e, 43e & 64e sur le plan national face à 3.911 pigeons et 37e, 88e & 127e à l'international face à 10.448 pigeons. Les vitesses? Sans appel: 1.019, 990 & 973 m/min contre 1.084 m/min pour le vainqueur (Etienne Devos).

La fin d'une magnifique histoire...

Dans quelques semaines, les installations de la rue du bois seront définitivement vides. Alors qu'il se réjouissait déjà de participer aux classiques nationales de cette saison, Daniel n'eut d'autres choix que de prendre une décision irrémédiable. Le malheur des uns fera à nouveau le bonheur des autres: des amateurs du monde entier pourront bientôt venir se renforcer en acquérant des voiliers issus de cette souche unique cultivée de main de maître et sélectionnée sévèrement sur des concours présélectionnés. Daniel agissait tel un artisan d'époque, tel un orfèvre qui façonne son bijou durant de longues heures et qui recommence inlassablement son travail jusqu'à ce qu'il atteigne son objectif ultime: la perfection. C'est maintenant à vous d'en profiter...

Daniel, nous n'avons plus qu'à te souhaiter bon vent en espérant que tu rejoignes à nouveau nos rangs un jour... Félicitations pour l'ensemble de ton oeuvre, l'artiste!