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Première victoire nationale sur Cahors face à 8.067 vieux pour Pierre & Vincent Schroeder d’Aywaille

‘Clément’, un mâle noir écaillé de 2 ans remporte la palme pour son premier concours de fond. C’est la première victoire nationale pour ses propriétaires qui étaient déjà passés tout près de la montre en or.

Initialement prévu pour le samedi 18 juin, le traditionnel concours national de Cahors, toujours bien ancré dans le calendrier des nationaux, a cependant été remis au dimanche vu le mauvais temps qui est venu couvrir le ciel français. Il y a bien eu des lâchers le samedi, La Châtre par exemple, pour ne citer que lui, mais le fort vent de sud-ouest a tellement chassé les pigeons vers leur destination que ces concours se sont déroulés comme des étapes de vitesse avec des… vitesses folles : 1.891 m/min pour la plus grande, soit un peu moins de 5 heures pour parcourir les 566 kilomètres. Les dirigeants de Cureghem Centre n’ont donc pris aucun risque et ont préféré reporter au lendemain l’étape de la Creuse. Sans doute souhaitaient-ils aussi que Cahors reste fidèle à lui-même, c’est-à-dire éviter que l’on ait à faire à des vitesses supersoniques. Lâchés à 7heures le lendemain, les 8.067 pigeons ont pu rentrer chez eux dans des conditions relativement favorables et le vent, même si il avait baissé en intensité, était tout de même toujours très fort. Mais Cahors reste Cahors et les premiers pigeons ont du voler 8 heures en moyenne. L’Est du pays, et la province de Liège plus particulièrement, s’est régalé. Constaté à 15h46’’22 pour 733 kilomètres, le deux ans des Schroeder réalisa une vitesse de 1.393,32 m/min et devança de seulement 38cm (une chique) le pigeon des namurois du tandem Somme-Thiange (1.392,94 m/min), suivi par Deno-Herbots à 1.391 m/min, Henry Leon de Nandrin (1.388 m/min) alors que la cinquième place revenait à Valère Poelmans de Nieuwerkerken (1.386 m/min). Deux liégeois, un namurois, un brabançon et un limbourgeois : voila un top 5 on ne peut plus équitable. A signaler la performance du pigeon du tandem Goossens-Druart d’Hyon qui se classe 9e national, seul pigeon du centre à courte distance à figurer dans le top 10 national !

Présentation
Schroeder, un nom qui sonne familier pour bon nombre d’entre nous. Et pour cause, le fils Vincent, 35ans, est une éminence dans la médecine vétérinaire colombophile. Il est certainement le vétérinaire le plus doué de sa génération. La preuve en est l’importante armada de champions reconnus qui font confiance à ses services : Gérard Koopman, Marcel Sangers, Rik Cools, Jos Vercammen etc. La liste est longue ! Ce n’est pas pour rien qu’ils ont choisi le docteur vétérinaire Vincent Schroeder pour s’occuper du côté médical de leurs pépites.
Formé au métier par le docteur Norbert Peeters, voilà plusieurs année que Vincent vole de ses propres ailes professionnellement. Il a quitté sa province natale pour s’installer à Bilzen dans le Limbourg. La raison est simple : la situation géographique. Bilzen occupe une position centrale puisque la ville est située au carrefour de plusieurs provinces (Anvers, le Brabant et Liège ne sont pas loin), mais aussi de l’Allemagne, des Pays-Bas, etc. De ce fait, Vincent attire de nombreux clients. Il a même ouvert un second cabinet à Kerkrade aux Pays-Bas. C’est dire si son affaire tourne. Mais comment peut-il être à la tête d’une colonie performante s’il habite à plus de 45minutes de son emplacement et qu’il n’a parfois pas assez des 24heures dans une journée pour faire tout ce qu’il a à faire ? C’est là qu’entre en jeu Pierre, 62ans, son père. Un véritable homme de l’ombre. C’est lui qui s’occupe quotidiennement de la colonie, nettoie, prépare, joue, etc. Vincent se contente donc du côté médical. Il rend visite à son père chaque semaine pour venir voir tomber les pigeons… et le microscope n’est jamais bien loin. Pierre suit donc à la lettre les conseils de son rejeton. Vous pouvez donc être sûrs que lorsque les pigeons Schroeder sont enlogés, ils sont on ne peut plus sains.

Les Schroeder sont tous les deux colombophiles depuis 1987. Pierre a toujours été amateur d’oiseaux en tout genre et allait suivre les arrivées chez un colombophile du coin. L’élevage d’oiseaux se perdant un peu, il est donc passé à notre sport en transmettant au passage le virus à son fils. Au départ, ils participaient aux étapes de demi-fond avec des origines locales. La colonie connaîtra d’ailleurs une évolution fulgurante après l’introduction des pigeons Casaert. Dix ans plus tard, les voila qui se lancent dans l’aventure des longues distances. Cette année-là, Bordeaux est au programme… et c’est tout de suite bingo ! Ils remportent la victoire internationale dans 5.242 vieux dés leur première année de participation ! Inutile de dire que leur attirance pour le fond était maintenant définitive. Ils décident alors de se procurer du matériel sensé les faire progresser plus vite. Mais en 1998, c’est l’hécatombe : une fouine s’octroie une visite dans le pigeonnier des veufs. Il n’en reste plus un ! Il faut tout recommencer à zéro ! Après cette immense déception et le dégoût légitime qui s’en suit, ils prennent leur courage à deux mains et s’attèlent à reconstituer une équipe de voyageurs compétitive. Bien leur en a pris car sept ans plus tard, en 2005, ils remportent le 2e national Montauban de 7.303 vieux alors que la victoire nationale leur avait été presque confirmée. On peut également trouver un 9e national de Béziers de 6.702 pigeons en 2004 à leur palmarès. Le pigeon qui remporta ce 9e national est d’ailleurs le père de ‘Clément’, récent vainqueur national de Cahors.

Actuellement, la colonie est en pleine reconstruction. Père et fils ont décidé il y a deux ans de faire une sélection poussive. Il ne reste donc presque plus de vieux pigeons. Cette année, l’équipe des voyageurs était composée de 40 veufs dont 11 vieux, le reste de yearlings. Leur objectif avéré? Les nationaux de fond et des concours internationaux tels que Marseille, Narbonne et Perpignan. Ils ne participent qu’à maximum trois concours de fond par an et un minimum de deux prix est requis pour passer l’hiver. En jouant le programme national avec onze vieux, on ne peut se permettre d’engager que des équipes de 2, 3 voir 4 pigeons par concours. Ce nombre sera donc normalement revu à la hausse l’année prochaine, et cela avait d’ailleurs déjà été prévu avant qu'ils ne remportent cette victoire nationale. Les yearlings ne volent qu’une petite dizaine de concours avec deux grand demi-fond tout au plus sur l’année. Le test final se fait sur Limoges ou sur Jarnac. Les incertains iront quant à eux pousser une pointe à Narbonne. Le but est uniquement de leur faire acquérir de l’expérience. Les couples de reproducteurs sont au nombre de 20. Ils sont composés de pigeons provenant de chez Marcel Vandenabeele de Renaix, Dieter Balmann d’Amblève, H&R Jongen de Kerkrade (P-B), Robert Van Eycken d’Erps-Kwerps, Harinck-Poelmans de Genk et enfin les Philippens de Fouron avec la lignée des Vrosch-Meyers. Ils élèvent annuellement 100 jeunes, qui sont simplement dégrossis et ont la possibilité de se développer aussi longtemps que possible durant l’année de leur naissance. Leur nombre est lui aussi fortement revu à la hausse du fait des récurrentes attaques de rapace. L’année dernière, ce ne sont pas moins de 55 pigeonneaux (!!!) qui ont passés l’arme à gauche. Pierre se force d’ailleurs à ne regarder ses pigeonneaux qu’en fin de saison pour le triage. S’il le faisait plus tôt, il pourrait alors pleurer presque tous les jours. Cela lui évite donc de se tracasser à propos de l’éventuelle disparition de pigeons qu’il ne connaît pas outre mesure. D’ailleurs, d’octobre à mars, aucun pigeon ne met son nez dehors. Voila à quoi ressemble la situation pour les amateurs du Namurois, de Liège et du Luxembourg !

‘Clément’- BE 09-1036713, 1er national Cahors 8.067 p.


C’est donc un mâle de deux ans qui participait au premier concours de fond de son éphémère carrière qui remporte la timbale sur Cahors. Il n’avait aucune motivation particulière, simplement un pic de forme.
D’ailleurs, Pierre ne montre ni femelle ni plateau avant l’enlogement. Il tient à enloger ses pigeons le plus calmement possible sans avoir à les exciter. Il est rentré de la Creuse comme un véritable boulet de canon sans même faire un crochet. Etant donné son infime avance, sa détermination lui a assuré la victoire nationale. Voici un extrait de son palmarès:

2011:
Pithiviers : 27/347p. (355 km)
Sezanne : 164/1014p (239 km)
Rethel : 131/1088 (139 km)
Cahors : 1/8.047 (733km)


 

Père : ‘Le Béziers’ (BE 03-1046329), 9e national Béziers ’04, 1er provincial Narbonne ’06, 61e national Montauban, 3e As pigeon national grand fond Ave Regina ’06. C’est un 100% Jongen. Sa mère est une propre fille du 1er national Dax ZLU en ’96 accouplé sur une fille du célèbre ‘Bleu Vanoppen’ de H&R Wijnands.
Mère : ‘Fille du Super’ (BE 05-4283763), comme son nom l’indique, une propre fille du ‘Super Blauw’ de Marcel Vandenabeele. Ce pigeon est un des meilleurs voiliers de fond que notre pays ait jamais vu voler. Au cours de sa carrière, il remporta le 2e national de 4.534 pigeons ainsi que le 2e international Dax ’05, le 3e national Perpignan de 7.479 vieux   avec la 11e place internationale de 17.330 pigeons, puis il couronna sa carrière avec le 7e national Béziers. Le ‘Super Blauw’ était accouplé à une sœur du 5e national Perpignan en ’00 et demi-sœur du 2e national Limoges de 24.479 yearlings en ’02.

La province de Liège tient donc sa première victoire nationale de l’année, qui plus est dans un concours mythique. Pierre, Vincent, cette victoire ne pourrait être que la première d’une longue série. Avec la qualité présente dans les installations, les achats ciblés, le suivi vétérinaire rigoureux et le sérieux des soins, cela doit rester un objectif. Nous tenons à vous présenter nos sincères félicitations et surtout bonne m**** pour la suite !