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Joël Verschoot prouve que c'est possible!

Les portes de la colonie de Joël Verschoot sont désormais closes, le rideau est tombé sur la vente. Nous en profitons pour publier ce petit reportage afin de conclure définitivement.

La vente de Joël Verschoot allait repousser les limites et établir de nouveaux records, c'était une évidence depuis longtemps et cela n'étonnait personne. Mais les records doivent toujours être battus. Le fantastique Armando disposait du statut de ‘meilleur pigeon de fond de tous les temps’, nous osons même écrire le meilleur pigeon de l'histoire du sport colombophile belge avec un palmarès à coucher dehors: 1. Pigeon Olympique – Poznan 2019, 1. As Pigeon National Fond RFCB 2018, 3. As Pigeon National Fond RFCB 2017, 1. Nat Angoulême lors du dernier concours de sa carrière (assurément la cerise sur le gâteau), et auparavant 2. Nat Limoges en 2018 et 2. Nat Limoges en 2017… rien que ça! Un pigeon d'exception que l'on ne sera pas prêt de revoir de si tôt… niveau classe, qualité et palmarès, peut-être même jamais. C'est la raison pour laquelle l'intérêt pour ce pigeon était énorme et provenait des cinq continents du monde. Il a finalement été adjugé pour la somme record de 1.252.000 € à un client chinois souhaitant payer ce montant. Si un seul pigeon méritait de battre ce type de record… il s'agit assurrément d'Armando. Il y est arrivé! Qui ne rêverait pas de disposer d'un tel pigeon dans ses installations?

Voir un pigeon dépasser le cap du million, c'était quelque d'irréaliste il y a encore quelques jours. Le fait que cela soit arrivé si rapidement, c'est tout à fait exceptionnel et cela a suscité l'intérêt des médias du monde entier. Le sport colombophile a ainsi pu se retrouver sous le feu des projecteurs. Quoi qu'on en pense, cela reste toujours positif pour l'image de notre sport car elle sert à le dépoussiérer, en particulier vis-à-vis des personnes extérieures à notre hobby qui considèrent souvent qu'il n'est pratiqué que par des vieillards habillés d'un cache-poussière, de gros sabots et d'une cigarette roulée au bord des lèvres. Bref, une image qui ne correspond pas à la réalité et qui nous énerve au plus haut point puisqu'elle est tout à fait contre-productive pour notre sport et son futur.
Bien que les opinions à ce sujet soient également divisées au sein même du cercle des colombophiles, personne ne devrait se montrer jaloux de la somme dépensée pour l'achat de ce pigeon. Nous trouvons même cela tout à fait déplacé. Pour nous, c'est amplement mérité et c'est la consécration du parcours emprunté par Joël Verschoot au cours de ces dernières années. Il est désormais un modèle pour beaucoup. C'est la preuve personnifiée que quand on veut, on peut... du moins quand on est prêt à travailler pour!

Ceux qui ne sont pas convaincus doivent être capables de relever le défi et d'emprunter le même chemin en essayant 'au moins' de faire mieux. Les résultats réalisés par Joël Verschoot ne sont pas arrivés sans effort… ils sont le fruit d'un travail de dur labeur. D'un travail acharné! La réussite ne tombe pas du ciel. A la tête d'une famille composée de 4 enfants (que des fils), il a travaillé jour et nuit pour assurer un futur à ses enfants et être sûr que sa famille ne manque de rien. Parfois, il n'avait pas assez des 24h que compte une journée. Joel travaillait comme chef d'équipe dans un abattoir et il livrait souvent de la viande à des clients en dehors de ses heures de boulot... avant de retourner chez lui s'occuper de ses pigeons. Il n'a jamais choisi la facilité et son tempérament était bien trop fort pour abandonner les objectifs qu'il s'était fixé. En pleine saison, il arrivait parfois qu'il ne dorme que 2 à 3 heures par nuit. Oui, vous lisez bien... à peine 3 heures de sommeil par nuit. Pas seulement à l'occasion mais bien tous les jours.

Peu de gens seraient capables d'en faire autant. Parce que combien de temps est-il possible de maintenir une telle cadence? Tout dépend de votre caractère, de votre adrénaline… et de cette volonté indéfectible de réussir. Rares sont ceux qui seraient physiquement capables de l'imiter, encore plus de répéter ces efforts durant plusieurs années. Joël Verschoot a réussi cette prouesse, certainement grâce à sa santé de fer, lui, ce pur produit de Flandre Occidentale.
Durci et renforcé par la vie, Joël a exigé de ses pigeons la même discipline de fer qu'il s'imposait à lui-même. Travailler... jouer beaucoup et sélectionner encore plus. Ne jamais regarder à la beauté des pigeons, aux pedigrees ronflants qui ne donnent jamais satisfaction... mais bien se concentrer sur les ‘bons’, les pigeons capables de réaliser des performances. Remporter des prix de tête au plus haut niveau à chaque semaine de jeu. A la fin de l'année, il ne restait que des pigeons capables de supporter un tel régime. Des survivants. Ce sont notamment des pigeons de cette trempe là que l'on retrouve à la base de la colonie actuelle. Un pigeon ayant joué un rôle important dans le développement de cette colonie, c'est le ‘As’ mais nous pourrions également parler de la fameuse Shakira ou encore de la lignée du Deprez et de Pycasso. Des pigeons de fer, tout comme leur manager, capable de livrer le meilleur d'eux-mêmes lors des concours les plus difficiles, surtout par vent de face. C'est ainsi que Joel a été en mesure de remporter4 victoires nationales mais aussi 2x 2e Champion Général National de la RFCB en 2011 et en 2013, 1er As Pigeon National Fond RFCB 2018, 1er Pigeon Olympique Fond Cat B – Poznan 2019… l'apothéose de pratiquement 10 ans de présence au plus haut niveau, dix années qui auront vu Joël Verschoot devenir l'un des meilleurs, si pas le meilleur, amateur de fond en Belgique, et ce grâce à des pigeons comme Armando, Contador, Harry, Barry, Nopri et beaucoup d'autres…
Chapeau bas. Doublement mérité!

Il n'y a pas de quoi être jaloux. Cela constitue plutôt un stimulant pour tenter de l'imiter. Joël Verschoot a prouvé que c'était possible. Avec des ressources plutôt limitées au début pour y arriver, mais toujours avec une volonté de fer.
Aujourd'hui, il peut enfin savourer. Le succès énorme de sa vente dépasse de loin ses rêves les plus fous. 'Non, je ne m'attendais pas à cela' balbutia Joel, la gorge serrée, tandis que nous apercevions une larme au coin de ses yeux. Bien qu'il reste avant tout lui-même, les pieds sur terre, sobre, un homme fait de chair et de sang. Heureux de pouvoir refermer ce chapitre de sa vie de cette façon. A partir de demain, il devra faire face à de nouveaux défis, préparer la nouvelle saison. Car dans 3 à 4 semaines, il sera de nouveau sur la brèche afin de prendre part à la saison 2019. Joël et son fils Dieter le clament en coeur. Cela caractérise à merveille leur volonté, leur mentalité de vainqueur… Même si avec sa femme Annie, il prendra un petit peu de recul en prenant le temps de partir en voyage, en gardant toujours en mémoire les sacrifices qu'il s'est imposé tout au long de sa vie et les efforts qui auront été nécessaires pour y arriver. Rêver au loin de toute l'atmosphère qui aura entouré sa vente depuis le début. Et avant tout savourer le chemin parcouru.

La conclusion finale de cette histoire nous fait penser au tube mondial de Frank Sinatra qui sonne familier aux oreilles de Joël qui peut aujourd'hui le dire avec une certaine fierté:
I did it my way…
 


Joël Verschoot avec ses fils, sa famille et ses amis: c'était important pour lui de profiter ensemble du succès de sa vente