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Dominique Daniel (Retschwiller, FR): une victoire internationale et trois victoires nationales depuis 2015

En 2018, cet alsacien se faisait connaître de la planète colombophile par son double succès sur St Vincent International. Il devançait le pigeon des Frères Caro, vainqueur national en Belgique.

Situé dans le Bas-Rhin, dans la région du Grand Est, Retschwiller se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace. La commune fait partie du parc naturel régional des Vosges du Nord. Pas vraiment dans la ligne de St-Vincent, les pigeons ont réalisé ce jour-là un véritable exploit. Contre la masse et le vent, ils ont probablement emprunté une autre ligne où ils auront trouvé un vent plus favorable.

Un colombophile dans les Vosges

Daniel est âgé de 55 ans. Il est en charge de la logistique d’une société de transport. Colombophile depuis ses 12 ans, initié par son papa, il montre une préférence pour les concours de vitesse et de demi-fond. Il s’oriente alors petit à petit vers les concours fédéraux. Il obtient à plusieurs reprises le titre de champion fédéral. Cependant, il avoue avoir été depuis toujours fasciné par les pigeons de longues distances, la plus belle discipline du sport colombophile, dit-il. C’est pourquoi il s’oriente tout naturellement vers les concours internationaux au cours des années 90. Il débute avec les mêmes pigeons que ceux qui brillaient sur les fédéraux. Mais il comprend vite que pour affronter ces distances, il lui faudra des pigeons avec des caractéristiques spécifiques : un caractère fort et une volonté de rentrer à la maison infaillible. Les colombophiles de sa région doivent faire face à un sérieux handicap: les Vosges, un massif de moyennes montagnes qui sépare la Lorraine de l’Alsace. Les pigeons doivent traverser ces paysages s’ils veulent regagner leur pigeonnier. Quand ils arrivent devant ces montagnes, les pigeons ont déjà parcouru des centaines de kilomètres et un dernier effort leur est demandé. Seul un pigeon de grand fond sera capable de produire ce dernier effort. Dominique va donc se mettre en quête de ce type de pigeon chez des colombophiles qui connaissent à peu près les mêmes conditions géographiques. Il eut ainsi l’occasion d’acquérir des Chris Vandervelden, Ko Van Dommelen, Joseph Schmitz, Freialdenhoffen, Tony Hubrechts et Jelle Jellema. Ces courants sanguins furent croisés sur des sujets issus du pigeon de base du pigeonnier, le FR00-412911.

Ce pigeon fût acheté chez Roger Senicourt, d’origine Batenburg (cliquez ici pour consulter son pedigree). Ce pigeon obtint ses premières références à la reproduction à l’âge de 5 ans. Il est à ce jour père ou grand-père de :

1. National 3076 P. St Vincent ‘18
1. International 9544 P.
1. National 3379 P. St Vincent ‘16
3. International 10643 P.
1. National 2459 P. Narbonne YB ‘15
6. International 8466 P. 
2. National 3076 P. St Vincent ‘18
2. International 9544 P.
2. National 2770 P. Narbonne ‘15
8. International 10732 P.  
8. National 2836 P. St Vincent ‘16
26. International 11538 P.
12. National 3379 P. St Vincent ‘14
74. International 10643 P.
12. National 2459 P. Narbonne YB ‘15
57. International 8466 P.
13. National 3046 P. Barcelone ‘16
85. International 17729 P.
14. National 2545 P. Narbonne ‘16
244. International 10836 P.
20. National 2064 P. Narbonne ‘11
51. International 12605 P.
…

Une méthode simple

La saison commence véritablement à Retschwiller avec le retour des oiseaux migrateurs. Ce n’est qu’à ce moment qu’on peut relâcher plus ou moins correctement sans craindre de courir à la catastrophe. Les pigeons sont accouplés à la mi-février. Les voyageurs n’élèvent pas, principalement par manque de temps. Dominique veut pouvoir entretenir correctement ses pigeonniers. Il ne souhaite donc pas multiplier le temps de nettoyage à cause de nids trop nombreux. Il les laisse simplement couver à blanc jusqu’à ce qu’ils abandonnent le nid. Ils sont alors séparés pour être remis en ménage 15 jours plus tard avant d’être mis vraiment au veuvage en vue des concours.

Daniel ne dispose pas de l’outillage de constatation électronique. Il considère tout ce qui vient avant les internationaux comme de l’entraînement. L’essentiel est que les pigeons rentrent dans les temps en bon état et qu’ils récupèrent rapidement. Les vieux peuvent voler 2 à 3 internationaux par an, en fonction de la dureté de la saison. Les yearlings ne sont pas forcés. Seuls les produits de nouveaux accouplements sont testés sur Narbonne. Les jeunes, quant à eux, sont juste entraînés par ses soins pour éviter les problèmes d’adeno et autres maladies de pigeonneaux.

Seul le vaccin obligatoire est inoculé par le vétérinaire. Daniel pense que l’essentiel dans la conduite d’une colonie réside dans de la nourriture de qualité et un bon pigeonnier avec une bonne aération. Au niveau du suivi médical, on agit qu’en cas de nécessité. Si cela doit arriver, ce n’est jamais préventivement mais uniquement suite à l’intervention d’un vétérinaire. Il estime que les cures à l’aveugle servent uniquement à rassurer celui qui les donne. Elles n’ont, selon lui, aucun effet véritable sur l’état des pigeons. Souvent, ce sera l’effet inverse, après une cure, on constatera une baisse de forme. Il préfère donc éviter au maximum. La nourriture se compose de deux mélanges Beyers: Long Distance et le Witwer 2000 pour 20 à 30% au retour. Au fur et à mesure de l’approche du concours, on passe à 100% Long Distance. Les pigeons sont nourris à volonté. Aucun pigeon n’a faim à Retschwiller. Les pigeons reçoivent juste un complément de minéraux. Il ne met quasiment jamais rien dans l’abreuvoir. Les pigeons ont besoin d’être hydratés au maximum.

2018 : vol de la totalité des reproducteurs

Après l’euphorie de la saison 2018 couronnée par une double victoire internationale sur St-Vincent survenait le drame… Dans la nuit du 17 au 18 novembre, on lui dérobait ses producteurs mâles et femelles qui se trouvaient dans deux compartiments différents… Un vol qui apparaît comme préparé tant il fallait connaître l’emplacement des pigeonniers concernés… Une plainte a été déposée auprès de la police locale… qui ne prendra pas vraiment les faits au sérieux… A tel point que Daniel engage un enquêteur pour rechercher les auteurs… Mais tout cela a un coût, raison pour laquelle il propose deux pigeons proches des deux premiers internationaux de St-Vincent en 2018. Il avait, en effet, élevé des tardifs de ses meilleurs pigeons après sa victoire. Ce sont ces pigeons qui vont servir pour les années futures… C’est tout le mal que nous souhaitons à Daniel qui a beaucoup souffert de ce méfait crapuleux. Il avoue s’être posé la question de l’arrêt définitif de sa passion… il a malgré tout réussi à remporter le 66eme national sur Barcelone… Mais la motivation n’y était plus… Jusqu’à l’été, moment où il a pu juger de la qualité de son élevage de tardifs. Il est aujourd’hui regonflé moralement et prêt à affronter la saison 2020…

A ce propos, Daniel voudrait faire passer le message suivant :
« Force est de constater que le vol de pigeons est un délit qui se produit de plus en plus fréquemment. Mon épouse et moi sommes malheureusement bien placés, pour témoigner de la profonde détresse éprouvée par les victimes. Je voudrais lancer un appel à toutes les Fédérations Colombophiles Nationales et à la FCI, de s'unir et de de tout mettre en oeuvre, pour combattre ce fléau qui ronge la Colombophile et qui terni profondément son image ».

Nous souhaitons à Dominique et son épouse une excellente saison et un retour rapide au sommet de la colombophilie, ce dont nous ne saurions douter au vu de la qualité de l’élevage réaliser…