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Schaschkow Cyrille, "1er International Barcelone (2005)"


Cyrille Schaschkow, Wiesviller (NL)


La « Diva Barcelona , a su déjouer les embûches d’une météo épouvantable qui a perturbée considérablement le retour des 25.835 pigeons. Son mordant hors du commun, sa motivation et sa classe lui ont permis de remporter avec une avance substantielle cette éreintante édition 2005 .

Si seul le prénom de Cyrille apparaît sur les listes de résultats, Raymond l’aîné qui habite Sarreinsming participe autant à la conduite de la colonie que son cadet. Les frères SCHASCHKOW ont fait de Barcelone leur objectif majeur car, savent-ils, la ville catalane est très équitablement située et ne favorise pas particulièrement une zone géographique par rapport à une autre. De plus cette étape par nature souvent très exigeante et sélective nécessite de posséder des pigeons d’une grande qualité intrinsèque, c’est vraiment l’épreuve sélective par excellence.

Vendredi soir, les frères SCHASCHKOW ont attendu les pigeons de Barcelone, jusqu’à 23 h00 sous une pluie battante. La neutralisation était fixée à 22h59 et le temps exécrable ne permettrait de toute façon pas de vol nocturne dit Raymond à son frère. Pourtant, le lendemain matin, Cyrille s’est rendu au pigeonnier bien avant le lever du soleil, il était 4h40, car lui était persuadé que sa femelle l’attendrait sur le toit, comme elle l’avait déjà fait à Pau en 2004(officialisée à 5h13) et à Marseille comme yearling.(5h48)

Il ne s’était pas trompé, la petite femelle était bien là, exactement au même emplacement que lors du concours de Pau en 2004 ! Nul doute, elle avait du voler d’un trait de Barcelone à Wiesviller sans escale, défiant la nuit et ses embûches, remontée à bloc elle avait bravé les trombes d’eau et même localement les averses de grêles comme l’ont confirmé différents bulletins météorologiques.
Cette fois pensait Cyrille, elle doit être à la pointe du concours, car si pour Pau 2004, les vents d’Est et les plates plaines de l’Ouest avaient plutôt avantagés les colonies proches du littoral, ce vendredi 1e juillet les conditions de vol semblaient beaucoup plus équitables.

Raymond qui avait sans doute également flairé le bon coup rejoint son frère peu avant 5h00. A son arrivée, Cyrille n’avait toujours pas réussi à faire entrer l’oiseau de nuit dans le spoutnik, ils ne furent pas trop de deux pour y parvenir enfin après moult manœuvres. A 5h03, la capricieuse femelle fut enfin officialisée, juste avant la fin de la neutralisation. Il faut que vous sachiez qu’en 2004, une martre est entrée par le spoutnik, décimant 52 pigeons, depuis le spoutnik est obstrué chaque nuit, même les soirs de concours.

Une méthode atypique pour des champions authentiques :
Souvent les vrais champions possèdent ce petit plus qui fait la différence, ou pour le moins par leur vision avant-gardiste, leur méthode, se démarquent-elles de la masse des colombophiles
C’est vraiment le cas pour le duo mosellan, qui forts d’une solide expérience, à force d’observation, d’échecs mais aussi de succès a pu se forger une certaine vision plutôt pragmatique de notre sport. Ainsi, bien que baigné dans une double culture colombophile française mais aussi germanique, la paire mosellane possède sa propre méthode loin des idéaux habituels.

Ainsi seules de femelles jouées au couvage composent l’équipe de Barcelone, les mâles restent au colombier. la plupart des spécialistes de Barcelone sont persuadés que pour aborder l’épreuve ibérique les pigeons doivent auparavant avoir volé au moins une étape de 600 voir 700km, chez SCHASCHKOW, la dernier vol avant l’épreuve reine était Villefranche sur Saône le 5 juin soit 390 km ! Mais la principale divergence, c’est le mode d’entraînement appliqué par Cyrille et Raymond : Chaque matin, dès 5hoo, nos champions sont au pied d’œuvre attrapant toutes les femelles, les passant une première fois dans un panier de transit afin qu’elle fassent leurs besoins, puis elles sont placées dans des paniers de transport qui seront chargés dans la voiture de Cédric le fils de Raymond .

Travaillant à Strasbourg, Cédric apporte avec lui l’équipe de Barcelone pour les lâcher chaque jour quelques soient les conditions climatiques. Ce vol quotidien de 90 km remplace la volée autour du colombier souvent aléatoire pour des femelles jouées sur nid, ainsi il aiguise le sens d’orientation, habitue les pigeons aux différentes conditions météo. Généralement les femelles mettent 53 minutes pour retrouver leur nid.

Pratiquement toute l’année les pigeons sont nourris d’un mélange fermier composé de froment, maïs cribs, pois vert et colza, ce n’est q’un mois avant Barcelone que des mélanges commerciaux hauts de gamme sont servis. Toujours en vue de Barcelone, une cure anti-coccidiens leur est administrée quelques semaines avant suivie d’une cure anti-trichomonas.

« DIVA BARCELONA » née pour gagner !
La femelle triomphatrice de Barcelone est une écaillée de quatre an plutôt de taille moyenne sa plume est exceptionnellement riche et soyeuse. A la volée, même pour un non initié, elle est très facilement identifiable, ses rectrices restent assez écartées, et son vol s’apparente presque à celui du papillon, il a l’air incertain, désordonné, avec en prime des sortes d’acrobaties. Mais les apparences sont trompeuses., « DIVA BARCELONA » possède un mordant et une ténacité incroyable, elle ne tient pas en main, se débat sans baisser d’intensité jusqu’à ce qu’elle obtienne ce qu’elle a décidé : pouvoir retourner au plus vite sur son nid, peu importe la distance ou les épreuves qu’elle aura à surmonter.

A quatre ans, elle a atteint le sommet de son art, après s’être classée en 2003 au 292e prix de / 20.204p à Barcelone international, et chez les femelles, le 94e / 4.344 f. En 2004, elle se classa à Dax et à Pau (216e int femelles). En 2002, elle obtint également un petit prix à Marseille mais avait déjà attiré l’attention de ses soigneurs tant sa faculté de récupération était étonnante, et son aptitude à rentrer aux aurores se confirma par la suite.

Pour Barcelone, elle était vraiment le porte-drapeau de l’équipe des vingt sept femelles, si elle ne figurait pas première marquée, c’est parce que Raymond par crainte ou fétichisme ne souhaitait pas la voir inscrite première sur le bordereau d’engagement.

La consécration,
Cyrille et Raymond n’ont pas ménagé pas leur peine pour se hisser, puis pour rester parmi le gratin du sport colombophile européen. Souvent les sorties en famille, les réjouissances ont été reléguées au second plan afin de pourvoir aux exigences des pigeons de fond.

Chaque année, avant Barcelone, c’est l’ébullition, en plus des tâches quotidiennes s’ajoutent tout ce qui incombe à une préparation optimale des pigeons de jeu c’est une période intense, astreignante, mais, habituellement après Barcelone, la fièvre retombe, Marseille et Perpignan sont alors abordés avec davantage de flegme. Pourtant cette fois, l’exténuante agitation n’est pas retombée, elle s’est même accentuée. Depuis le coup de téléphone de félicitation de l’organisateur belge, le tourbillon médiatique qui emporte nos brillants lauréats n’a pas baissé d’intensité, les acheteurs potentiels se succèdent, les différents journaux spécialisés dépêchent leurs correspondants, les appels téléphoniques de félicitations affluent d’un flot continu. Dimanche déjà des asiatiques arrivés spécialement pour l’événement ont filmé tout ce qui se trouvait à portée de caméra, attisant ainsi la curiosité des villageois d’ordinaire coutumiers du calme de leur petit village mosellan.

Raymond le sage encaisse sans broncher, Cyrille son cadet supporte parfois un peu plus difficilement cette effervescence. Mais n’est-ce pas là une petite contribution nécessaire pour atteindre une notoriété souvent espérée, maintenant arrivée et absolument méritée ?




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