Gruson Jack from France, "European As Champion"


Anatomie d’une détermination

1987 :
9ème mondial et 1er français au concours de l’Amitié organisé par la Fédération japonaise.
1995 :
7 prix au 10 premiers marqués sur Nîmes et vainqueur de la cheminée
3ème aux Ailes d’Or du CALC (Club Amical des Longs Cours) sur PAU, NIMES et PERPIGNAN avec le 418579/91 (meunier Dassonneville )
1996 :
5ème bague en Or sur les fédéraux
3ème BARCELONE Nationale avec le 438340/93
5ème DAX Nationale avec le 036956/92
8ème champion de France aux internationaux, 13ème au premier inscrit, 3ème au deux premiers inscrit, 5ème au trois premiers inscrit
1997 : 2ème aux Ailes d’Or sur PAU, NIMES, PERPIGNAN, avec le 517649/92
1er Nord pas de Calais sur Nîmes 4644 pigeons, vainqueur de la cuisine
1999 : 7ème champion de fond à l’arrondissement de LILLE
14ème champion de France aux internationaux, 3ème au premier inscrit, 4ème au deux premiers inscrit, 9ème au trois premiers inscrit,
2ème aux As-Franco Espagnol du CALC avec le 495166/97 sur BARCELONE, MARSEILLE, PERPIGNAN et 3ème As Marathon
2000 : 1er Tulle Fédéral Nord pas de Calais Yearling,
BARCELONE International : 4 prix sur 5 - BERGEREAC CALC : 3 prix sur 4 - SAINT VINCENT : 3 prix sur 5
DAX : 3 prix sur 5
2001 :
PAU : 2 prix sur 3 - BARCELONE : 2 prix sur 5 - DAX : 2 prix sur 3
2002 :
BARCELONE : 2 prix sur 2 - DAX : 2 prix sur 2 - MARSEILLE : 1 prix sur 3
2003 :
BARCELONE : 1 prix sur 3 - MORCENX : 2 prix sur 3 - VALENCE : 4 prix sur 6 - MARSEILLE : 1 prix sur 2 - NIMES : 7 prix sur 11 - PERPIGNAN : 3 prix sur 5
2004 : 71.4%
PAU : 4 prix sur 5 - BARCELONE : 4 prix sur 5 - MORCENX : 4 prix sur 5 - MARSEILLE : 3 prix sur 5 - BIARRITZ : 2 prix sur 5 - PERPIGNAN : 3 prix sur 3
2005 : 56%
PAU : 4 prix sur 5 - BARCELONE : 1 prix sur 5 - DAX : 2 prix sur 5 - MARSEILLE : 3 prix sur 5 - PERPIGNAN : 4 prix sur 5

5ème champion d’Europe 2004 au 2 premiers marqués
11ème champion d’Europe 2004 au 5 premiers marqués
19ème IATP PIPA 2005 avec le 483ème internationale sur PAU, 2329ème internationale sur BARCELONE, 4ème internationale sur DAX et 781ème internationale sur PERPIGNAN sur 2962 amateurs européens.

EUROPESE KAMPIOENDUIF GROTE FOND
PIGEON CHAMPION D’EUROPE GRAND FOND
1. GRUSON Jack F ST. SYLVESTRE - CAPPEL

052360 - 00 Pau 22 - Dax 4 - Perpignan 781 0,0528


Distances :
PAU : 856 kilomètres, BARCELONE : 1046 kilomètres, DAX : 830 kilomètres, MARSEILLE : 860 kilomètres, NARBONNE : 849 kilomètres, PERPIGNAN : 897 kilomètres, NIMES : 786 kilomètres, BERGERAC : 676 kilomètres, SAINT VINCENT : 840 kilomètres, TULLE : 614 kilomètres, SAN SEBASTIAN : 896 kilomètres.

Janvier 2000, Jack GRUSON se trouve à SAINGHIN MELANTOIS petite ville du Nord de la France proche de LILLE. Les THUILLIER père et fils de VILLENUVE D’ASCQ organisent une vente de pigeonneaux issus de leur reproducteurs. En connaisseur, Jack a repéré un jeune, un superbe, un magnifique jeune et de bonne origine de surcroît. Après quelques secondes les enchères s’envolent mais notre amateur n’est pas du genre à s’enflammer, tanpis pour ce jeune ! Il finit son verre, discute avec quelques coulonneux et les enchères vont se terminer. Mais il reste encore quelques pigeons à vendre. Le crieur lève le bras, brandis le panier et annonce un jeune avec une origine « pas trop mauvaise » ! Personne n’est apparemment emballé. Jack lève le bras, ça y est il devient le propriétaire pour….45,73 euros, 300 francs de l’époque. De retour au colombier avant de le mettre au colombier, Jack examine tout de même l’oiseau. « Et ben si j’avais su ?! ». Le pigeon est petit, fluet, frêle et maigrichon, bref un pigeonneau sur lequel on ne se retourne pas. Mais l’homme est philosophe et comme tout bon colombophiles il se dit qu’il verra bien, il laissera la magie du temps opérer !!! C’est en 1943 que Jack voit le jour et ses premiers pigeons il les possède à l’âge de 6 ans. Originaire de la Chapelle d’Armentières son père jouait fort les concours de vitesse et de demi-fond. Avec une équipe de 20 veufs il jouait et remportait les championnats des fédéraux dans l’arrondissement de LILLE. « Je tenais la rasette, mais j’ai tellement appris au contact de mon père… ! »
En 1967, il se marie et participe aux premiers concours à son compte. C’est la vitesse et le demi-fond qui sont joués puis en 1987 départ pour le fond. Ayant pratiqué les compétitions cyclistes amateurs, en vrai connaisseur et passionné de cyclisme Jack aime à dire : « écoute je me rappelle facilement de mon année qui fut mon départ car c’est en cette année que Stephen ROCHE gagna le tour d’Italie, le tour de France et le championnat du monde sur route, le seule cycliste à réussir le triplé la même année et tu vois je m’en souviens encore très bien ».
En effet c’est en 1987 que Jack participe à une one-loft race organisé par la fédération japonaise. Un pigeon est expédié, résultat : 1er français et 9ème au général avec pour couronner le tout la jolie somme de 22000 FF de l’époque. Ce petit pécule sert à construire le nouveau pigeonnier. On est à l’époque à Armentières et avec les anciennes origines de son père et les Deleu et Tronquoy les résultats dans les fédéraux et CALC sont concluants. Sur NIMES (786 kilomètres) en 1995 et 1997, une cheminée et une cuisine équipée sont enlevées. La base du pigeonnier est solide, l’origine du père puis les Yves DELEU de Villeneuve d’Ascq hors des Vermote André d’Ostende, Brouckaert André de Wervick et Vanbruaene André de Lauwe. On trouve également des Tronquoy Emile (frère de Jules) par feu Alphonse Dassonneville d’Erquinghem Lys. Plus proche de nous des Luc Sioen de Moorslede (Rikky Jan Theleen) toujours via Deleu, sont venus peupler le pigeonnier. Jack étant ancien coureur cycliste amateur, une amitié s’est liée avec Joost Desmeyter. Le professeur de cyclisme et l’ancien coureur opèrent des échanges et se sont des Kurvers-DeWeerd qui peuplent également le pigeonnier.
Je coupe mon magnétophone et Jack m’invite au pigeonnier. Je me dirige vers le pigeonnier. Mon regard s’arrête sur la terrasse de la superbe villa. Un tamis est posée sur le sol ?!, je prends quelques photos et Jack ajoute : « tu vois Jean-Paul je prépare mon maïs pour la saison 2006, ce sont des épis que je cueille dans les champs voisins, il n’y a rien de tel, ce maïs possède un pouvoir germinatif important il est extra.
Direction le pigeonnier, le vent souffle en ce mois de novembre, Jack ouvre la porte, la température est clémente au pigeonnier, il y a beaucoup de clarté, bref je ressens de bonnes sensations. Le pigeonnier est compartimenté , au total ce sont 24 veufs qui y sont logés. Jack me désigne du doigt un pigeon, le voilà dans son casier, « Royal Sylvestre », As-européen de grand fond 2005 !!! un superbe pigeon , ce « Royal Sylvestre », un plumage souple et soyeux, une musculature à fleur de peau, très prononcé et une aile PARFAITE !!! Impossible de mettre la main au casier c’est un pigeon plein de vitalité.

Son père, le FR 719139/1997, est issu de deux pigeons de chez Jos VAN DEN BROUCKE de ZEVERGEM (B), son arrière grand père paternel n’est autre que le légendaire « DIDI ». Sa mère provient du colombier vedette de Peter VAN DEN EIJNDEN de DEURNE (NL). Pour vaincre face au gotha européen, il fallait un pigeon taillé dans le roc !!!


FR052360/00 « ROYAL SYLVESTRE », 1er As pigeon de grand fond européen !!!
2000 : Entrainé et joué jusque Bourges
2001 : Prix à Mantes - Nîmes : 626ème de 4602 p - San Sébastian : rentré le jour du lâché après 22h30
2002 : Vole Soissons, Chateaudin, Pithiviers, Collégien - Tulle - Dax : 318ème de 1396 p - 1428ème de 14507 p
2003 : Montesson et Bourges - Limoges 1530ème de 17443 p - Tulle 1465ème de 13154 p - Valence 662ème de 5639 p - Nîmes 2ème de 202 p - 142ème de 3656 p
2004 : Pithiviers et Bourges 10ème de 624 p - Poitiers sans frontières 3ème de 571 - 59ème de 3234 p
Pau 188ème de 8116 p - Dax 156ème de 17526 p - Perpignan 1587ème de 17570
2005 : Pau 22ème de 8458 p - Dax 4ème de 11898 p - Perpignan 781ème de 17663 p

7 prix internationaux :
DAX 2005 4ème international
PAU 2005 22ème international
DAX 2004 156ème international
PAU 2004 188ème international
PERPIGNAN 2005 781ème international
DAX 2002 1428ème international
PERPIGNAN 2004 1587ème international

Gros plan sur d’autres voiliers :

Un favori de Jack GRUSON, FR le 590457/2002


Le FR 590457/2002
2003 : Nîmes et Perpignan
2004 : Pau et Dax
2005 : Pau, Marseille et Perpignan

Le FR 446826/2000
2001 : Nîmes
2002 : Marseille
2003 : Marseille et Perpignan
2004 : Marseille
2005 : Marseille et Perpignan

Le FR 126132/1999

2001 : Pau et Dax
2002 : Dax
2003 : Dax et Perpignan
2004 : Pau, Dax et Perpignan
2005 : Pau, Dax et Perpignan

Jack en tête à tête :
Qui possède les meilleurs pigeons à l’heure actuelle ?
- Je prends exemple sur les hollandais. Auparavant mes 1 ans faisaient Nîmes, aujourd’hui Tulle.

Jack tu ne répond pas à la question. C’est donc cette nation qui possède les meilleurs pigeons de grand fond ?
- Non, disons juste que ce sont eux qui les entraînent le mieux. Ils ont également un calendrier adéquate. Ce n’est pas lié à la valeur du pigeon mais lié à l’entraînement. Les joueurs français peuvent sans problème rivaliser avec eux à condition qu’ils aient le cran de jouer comme eux.

Es-tu partisan des lâchers matinaux ou alors des lâchers retardés ?
- Sans aucun doute je suis pour les lâchers retardés, « les overnacht » comme disent les flamands ». J’aime lorsque le pigeon découche, c’est pour moi le type de concours ou tout le monde est à égalité de chances. Que ce soit les points cours ou les points longs, les pigeons sont tous à égalité le matin. Le meilleur est alors celui qui a le mental de voler tard le soir, voir même la nuit et de repartir très tôt.

Je te dirais donc Jack, que penses-tu de la neutralisation ?
Si lâcher retardé il y a, alors il ne doit plus y avoir de neutralisation. Le colombophile qui est le seul à constater son pigeon en pleine nuit doit être sacré vainqueur international. Le pigeon arrive à 1h00 du matin, il est vainqueur un point c’est tout.

As-tu un modèle en colombophilie ?
Je n’ai pas de modèle. Je ne me réfère à personne. Ma motivation c’est le pigeon de fond, élever, jouer et ainsi arriver à progresser.

Quels sont tes meilleurs moments colombophiles ?
C’est sans nul doute le concours sur Nîmes que j’ai joué en 1997. Je réalise un superbe concours avec en prime la victoire Nord pas de Calais et avec à la clé une cuisine équipée de 10000 euros. Ah oui, Jean-Paul…..c’est un bon souvenir.

Et ton mauvais moment ?
La mort de mon premier de Nîmes sur le Pau international de 1998. C’est la gendarmerie qui me l’a signalé à ABBEVILLE. Il a été retrouvé mort.

Quel est ton système de jeu ?
Je joue le veuvage, c’est le plus facile.

Que penses-tu du naturel ?
C’est bien mais plus compliqué, cela demande plus de temps. Cette méthode permet de réaliser de véritables coup de force sur certains concours mais néanmoins ce système engendre une certaine irrégularité.

Qu’aimes tu le plus dans le sport colombophile ?
Voir les pigeons arriver, tôt le matin ou tard le soir cela n’a aucune importance pourvu qu’il soit en haut du résultat (rire). En vitesse je n’éprouve plus de plaisir.

Et le moins ?
J’aime tout (rire) !!!

Qu’est ce qui fait qu’un colombophile soit champion ?
Note le bien : le bon pigeon c’est tout !

Procèdes tu à des traitements antibiotiques ?
Jamais ! Je n’en donne jamais et je n’en ai jamais donné.

Des cures ?
Anti-thrico une fois par an avant de vacciner contre la paramyxovirose.

Vaccines tu contre la parathyphose ?
Non !

Traites tu contre les vers ?
Non !

Et contre la coccidioses ?
Non !

Et contre les parasites internes ou externes ?
Rien de rien, (rire) !

Procures tu des bains aux pigeons ?
Enormément ! Ils en ont du 1er janvier au 31 décembre. Le plus souvent possible !

Donnes tu des gouttes oculaires ou nasales ?
Non !

Des bains forcés au retour ?
Mais non, enfin (rire) !

Est-ce que les abreuvoirs sont nettoyés régulièrement ?
Rire !!! Je remets de l’eau une fois par semaine et je le nettoie lorsqu’il est tout vert à l’intérieur. Tu as pu le voir au pigeonnier, les abreuvoirs sont ce qu’il y a de plus rustiques mais tu as vu que j’utilise énormément l’ail !

Et à Jack de poursuivre :
Je remplis mes fontaines quand il n’y a plus d’eau. J’utilise le grit, vitaminéral, l’argile et les pierres à picorer à profusion et j’en mets dans la mangeoire avec les graines.
Mes pigeons effectuent deux volés par jour, elles ne sont jamais forcées. Les veufs ne sont jamais occultés. La femelle n’est pas présentée au départ mais au retour ils retrouvent leur femelle. Néanmoins entre deux concours ils ne voient pas leur femelle, ils doivent être très calme.
Je souhaite soigner d’une manière la plus naturelle. D’ailleurs je ne donne pas de produits complémentaires aucune vitamine de synthèse.

Comment procèdes tu au niveau de tes accouplements ?
J’accouple mes veufs début avril. Ils couvent, puis au bout de cinq jours la femelle est retirée et passent au veuf dès abandon. La saison s’enchaîne et les pigeons sont de nouveau accouplés début septembre pour un élevage de 2 jeunes. Je laisse repondre, je place des œufs de plâtre puis je sépare en janvier. Et veuvage jusque fin mars. La boucle est bouclée (rire) !

Même pas d’huile sur les graines ?
Uniquement de l’huile d’ail. Je donne de l’ail dans l’eau à tout moment de la saison. Ce sont des morceaux que je mets dans l’abreuvoir. Tous mes pigeons reçoivent cela. Au bout de ma rue il y a la brasserie « Trois Monts », j’ai déjà donné la levure de bière liquide, mais je n’ai pas vu de différence, depuis je donne de l’ail uniquement.

Quel est l’effectif de ta colonie ?
J’ai 24 veufs et je prends de ces veufs environ 50 arrières saisons. C’est tout. Je n’ai pas de reproducteurs. Je dégrossis les jeunes, et à 1 ans ils volent 700 kilomètres environ. Je procède ainsi depuis que j’élève des arrières saisons. Auparavant lorsque j’élevais en début d’année, mes jeunes volaient jusque Bourges soit environ 400 kilomètres puis à l’âge d’un an ils volaient 800 kilomètres. Pour que mes 1 ans gardent leur place à 2 ans il faut qu’ils reviennent bien « physiquement » quelque soit la place qu’ils obtiennent. Si j’ai un pigeon qui revient en tête d’un concours mais néanmoins fatigué, je le réenloge sur un autre concours.

Le pigeonnier est important pour toi ?
Oui très important. Une bonne situation, une bonne aération et un bon volume d’air. Le top est pour moi un emplacement sud-est !

Jack, j’ai du mal à croire que tu ne distribues pas au moins une petite vitamine de synthèse ?
Rien de rien. Si je ne le fais pas c’est que je n’y crois pas. Les seules vitamines que je donne c’est de la régularité dans les soins, le grain est distribué à l’heure H et je ne donne pas de mélanges commerciaux. Mon mélange provient de chez DEMETS de WINNEZEELE, ce n’est pas un mélange commercial, ce qui lui donne une plus grande qualité nutritive, voilà MA différence (rire !)

Donnes tu de l’orge ?
Non , je n’en donne jamais.

Lis tu les magasines colombophiles ?
Oui, je suis abonné à la vie colombophile et à la colombophilie belge. J’ai appris tout récemment la sortie d’une revue française, « la France colombophile » cela manquait au colombophile français. Félicitation à Benoît CAILLEZ.

Quels conseils donnerais-tu à un amateur souhaitant aborder les concours de longue distance ?
Qu’il oublie la vitesse, le demi-fond et le grand demi-fond pour se consacrer uniquement au fond. Ce qui est dur c’est de changer de mentalité et de ne plus avoir la même vision des concours mais le jeu en lui même n’est pas plus dur. Si on sait soigner un pigeon de vitesse on sait soigner un pigeon de fond. La clé c’est l’origine. Il faut s’équiper en pigeon d’origine, changer sa mentalité et juger les pigeons sur leur distance. Si ces trois dernières choses sont réunis, le plus dur est fait.