Maurice Casaert (Néchin, BE) était un monstre sacré du sport colombophile belge

La mort de Maurice Casaert, décédé ce weekend à l'âge de 81 ans, a interpellé de nombreux colombophiles. Très vite, la famille Casaert a reçu des marques de sympathie venant du monde entier. Et pour cause: Maurice était un champion unanimement apprécié.

Il est des rencontres, aussi courtes soient-elles, qui vous inspirent énormément. Lorsqu'on est jeune, comme moi, et qu'on a l'opportunité de visiter régulièrement des colonies championnes, on en profite pour enmagasiner un maximum de leur expérience. J'ai pour ma part eu l'occasion de visiter la colonie de Néchin à plusieurs reprises et j'ai à chaque fois littéralement 'bu' les quelques paroles prononcées par Maurice, alors déjà très affaibli. Il ne prenait la parole que très rarement, préférant écouter les conversations autour de lui. Mais quand il intervenait, c'était à chaque fois pour éclaircir la situation. Le vieil homme prenait alors sa respiration et plusieurs secondes de silence s'ensuivaient.
En tant que jeune colombophile, je crois que je me souviendrais éternellement des quelques moments passés en sa compagnie.

Malade depuis plusieurs années déjà, Maurice avait progressivement lâché du leste sur le plan colombophile. C'est son épouse, Julienne, une femme d'une gentillesse exemplaire, qui s'occupait de la plupart des soins apportés aux pigeons. Maurice s'aérait de temps à temps à l'extérieur, lorsque le temps le permettait mais il ne rentrait presque plus dans le pigeonnier. 
Il savait de toute façon que ses protégés étaient dans de bonnes mains. Julienne est en effet tout aussi douée que son époux.
Depuis deux ans, le cadet de la famille, Grégory, a pris une pause professionnelle salvatrice. Travaillant à l'étranger, il souhaitait se rapprocher du domicile familial afin de se concentrer pleinement sur les pigeons. Le résultat est connu de tous: dès la première année, la famille Casaert se payait le luxe de remporter deux victoires nationales, respectivement sur Bourges I et Argenton, avec à chaque fois la plus grande vitesse du contingent général. Tout était dit.
C'était les cinquième et sixième victoires nationales de la famille:

- 1er Montauban National 1994 -  5.335 p. ('Invincible Montauban')
- 1er Souillac  National 2000 -  7.154 p. ('Nasdaq')
- 1er Brive     National 2004 -  7.446 p. ('Mistral')
- 1er Bourges   National 2008 - 13.472 p. ('Footsie')
- 1er Bourges   National 2012 - 20.577 p. ('Olympic Fifteen')
- 1er Argenton  National 2012 - 26.133 p. ('Jewel')

Ajoutez-y un titre de champion national demi-fond RFCB, de nombreux classements aux championnats nationaux, ainsi que de nombreux titres interprovinciaux, provinciaux, régionaux, des titres de champion LCB, d'innombrables victoires, une kyrielle de top 100 nationaux, ... et vous obtenez le palmarès de la colonie Casaert M & G.
Cela en fait l'une des colonies les plus titrées du sport colombophile belge contemporain, l'une des meilleures que notre pays n'est jamais compté.
De plus, les pigeons Casaert ont la réputation de bien s'exporter ailleurs. Plusieurs amateurs ont en effet connu bien des succès après avoir introduit le sang Casaert dans leur colonie. Et quand nous parlons de succès, nous parlons ni plus ni moins de victoires nationales. Bref, de véritables références!

De plus, au fil de sa vie, Maurice a également eu la bonne idée de transmettre son don exceptionnel à ses trois fils, Maurice Jr, Sébastien & Grégory. De son trône de fer, le patriarche était à la tête d'une des familles les plus emblématiques de notre sport favori. Et même s'il ne devait pas être très démonstratif, nul doute qu'il était très fier de ses champions de fils qui, comme lui, avaient contracté le virus très jeune tout en développant des facultés de soigneur tout à fait remarquable. Ses fils sont en effet considérés comme des valeurs sûres et font probablement partie des plus doués de leur génération.

Avec la disparition de Maurice Casaert, le sport colombophile belge, wallon de surcroit, perd donc l'un de ses plus grands monuments. Maurice était un véritable monstre sacré, un amateur qui 'sentait' le pigeon et qui était capable de mettre tout le monde d'accord sur le résultat, toujours avec une poignée de pigeons.
Mais son héritage ne sera cependant pas réduit à néant puisque la tradition familiale sera perpétuée par ses trois fils ainsi que par son petit-fils, Hugo, à qui nous souhaitons également beaucoup de courage.

L'équipe de PIPA se joint à la peine de la famille Casaert et présente à Julienne, Maurice, Sébastien & Grégory, ainsi qu'au reste de la famille, ses plus sincères condoléances.