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Van Neste Henry, "Trois quarts de siècle, soixante ans de colombophilie"


Henri & Esther Van Neste, Feluy (BE)


Trois quarts de siècle, soixante ans de colombophilie, son nom gravé en lettre d’or dans le palmarès de la plus prestigieuse étape de fond « Barcelone », c’est ainsi que l’on présente Monsieur Henri Van Neste. Devant le maître de Feluy le respect s’impose, même le plus huppé des journalistes se doit de courber l’échine ! Les résultats sont éloquents, le site est grandiose, cependant, la simplicité est de mise. Esther et Henri nous ont réservé un accueil des plus chaleureux ; en un mot ; convivial.

« Et les pigeons ? », le ton est donné. Devant un colombophile pas comme les autres pas question de faire une interview comme l’on peut en lire des milliers.
C’est en 1946 qu’il obtient sa première licence, il jouera en tandem jusqu’en 1956 avec Arthur Dekimpe. L’année suivante il quitte Dottignies, son village natal, pour jouer seul à Feluy, place du petit Moulin, jusqu’en 1982. A ce moment, les colombiers de la nouvelle demeure sont terminés et déjà occupés par les descendants du « Pat » ainsi que bon nombre de frères et sœurs du 401010-73 « Le Bourges », 1er nat. Bourges en 76 de 17.299 pig.
L’homme domine le grand demi-fond national, cependant, il joue la tête sur Brive, Cahors, Tulle, Montauban et Barcelone. La décision est prise de se tourner définitivement vers le fond et le grand-fond. Au fil des ans, son intelligence, son don de l’observation, sa ténacité et son assiduité lui ont permis de bâtir une souche capable de voler 800km et plus avec rapidité. Dès lors une « race » de vainqueurs est née et parmi ceux-ci : « Le Marseille », « Le Narbonne », « Jacky », « Ourasi », « Le petit cahors », « Le 105 », « Le petit Rouge », « Le Dax » pour ne citer que les principaux. Des petits « rubis », parce que la majorité est à fond rouge, vont conduire Henri vers l’Or de la coupe d’Europe qu’il remporte magistralement en 1991 (8 sur 8 avec les 1 et 2 marqués sur Pau, Barcelone, Marseille et Perpignan). Des résultats qui en disent long sur le potentiel des voiliers qui garnissent les colombiers de l’Avenue Gaston Baudoux.



Les producteurs :
Aujourd’hui le colombier de reproduction abrite 20 couples. Il y en a 12 attitrés. Les 8 autres sont réservés aux nouveaux essais ou tout simplement pour servir d’éleveurs. Les accouplements trop consanguins sont évités.

Le jeu :
23 vieux (+ 12) 2 ans et 25 yearlings triés des 85 pigeonneaux élevés pour composer l’équipe de jeu. Les femelles sont conservées en fonction des prestations des mâles.
Le veuvage classique, cependant, comme tout bon colombophile Henri applique sa devise à la lettre : « Observer ses pigeons pour pouvoir les motiver ». Il use de ses petits trucs en fonction de ses observations. Les femelles ne sont jamais montrées au départ d’un concours mais à chaque retour. Les entraînements se font au célibat, c’est seulement lors du dernier que les femelles sont montrées. Par exemple : pendant les 3 ou 4 semaines de repos qui précédent l’enlogement de Barcelone, les sélectionnés sont lâchés 1 fois par semaine à quelques kilomètres et voient leur femelle y compris la veille de la mise au panier. Cette méthode s’applique tant aux vieux qu’aux yearlings.

La sélection :
Les pigeonneaux sont entraînés 1 fois à 15 km, 1 fois à 35 km et ensuite avec les autres à la société, si possible ils seront joués 4 fois.
Les yearlings volent 2 fois en vitesse, 2 fois en demi-fond et 2 fois en grand demi-fond avant d’aborder Limoges. Ceux qui doivent sauver leur tête feront Narbonne ou Perpignan.
Les 2 ans après Vierzon vont voler un 600km (Brive), ceux rentrés dans les temps vont être répartis dans les équipes qui vont voler : Cahors, Pau et Barcelone et pour certains le Limoges 2 ans ou Souillac voir Narbonne. Ceux qui ont raté vont rejoindre l’équipe destinée à voler Montauban, Narbonne ou Marseille et encore Dax.

Vous comprenez maintenant pourquoi la réussite est au rendez-vous avec les vieux. Il est bon de souligner au passage que notre ami joue facilement du couteau. « Lorsque j’élimine un sujet, je ne regarde jamais son origine. Je n’ai pas pitié pour un pigeonneau qui montre la moindre déficience dans le plateau ! Le moindre défaut de conformité, le moindre signe de faiblesse de santé, la non résistance au voyage écarte définitivement le sujet des colombiers. La concurrence est tellement forte que si vous n’y allez pas de la sorte vous ne vous imposerez jamais » : s’exclame notre interlocuteur, et de poursuivre : « je ne supporte pas un pigeon qui montre des signes de fatigue. Pour un concours normal de 850 km, les pigeons doivent revenir en parfait état, je suis intransigeant sur ce point. C’est le guide de ma sélection. »

La race :
Un sujet qui fait sourire « Monsieur Barcelone ». « J’ai acquit tout au long de ma carrière des sujets qui m’ont permis d’améliorer ma colonie et, comme tout le monde, il y en a d’autres qui n’ont pas marché. Par peur d’en oublier un, je ne citerai aucun nom tellement il y en a qui ont donné satisfaction! »
En ce qui concerne la morphologie, Henri rétorque : «chaque amateur a son type de pigeon. Ma préférence va vers des pigeons qui ne sont pas gros, longs, bien soudés et d’une aile bien ventilée. En un mot regardez une hirondelle. »


Les médicaments
:
A Feluy la prochaine saison débute au terme du dernier concours, un dernier rappel contre la tricho et les baies seront fermées jusqu’en février. Et pour cause, les rapaces abondent. « J’ai tout connu coccidiose, tricho, vers, etc… Je suis vigilant, je m’intéresse aux nouvelles maladies, elles vont venir les unes après les autres, donc il faut maintenir une bonne résistance. C’est pourquoi il faut éviter l’emploi abusif et aveugle de médicaments. Je traite uniquement sur avis d’un vétérinaire que je consulte 3 ou 4 fois par an. Je vaccine contre la paramyxovirose et pour les parasites je mets une goutte dans la nuque d’une solution prescrite par le docteur probablement de l’ivomectin à 1% ? », conclu Henri sur le sujet.

L’alimentation :
Comme dit plus haut les pigeons sont privés de volée pendant plus de 5 mois ce qui nécessite une alimentation bien équilibrée. « A l’heure actuelle, je me sers d’un mélange commercial, ce n’était pas le cas avant. » Il est bon de signaler au passage que notre homme en connaît un bout sur les valeurs nutritives et énergétiques des grains pour pigeons. « Dans les grandes lignes, il n’y a pas eu beaucoup de changements au cours des trente dernières années dans les soins et l’alimentation de mes pigeons. Pendant l’hiver je soigne une fois par jour et un jour de diète par semaine. Je pèse mes athlètes, pas question de prendre du poids en cette période de récupération. »

Notre champion est toujours très attentif à la période de moisson. « Si l’orge est bien blanc la paille sera de bonne qualité, dès lors je m’en sers. Si ce n’est pas le cas, je me tourne vers d’autres matériaux de nidification. La paille grisâtre est un vecteur de micro-organisme et qui engrange des maladies de tête. »

Le mot de la fin :
« Il faut beaucoup de patience pour devenir un bon colombophile. Ici je peux vous avouer qu’il y a certainement beaucoup plus de mauvais colombophiles que de mauvais pigeons. Il faut également être un excellent observateur. Qu’il faut disposer d’un bon colombier bien aéré.

Je ne vous remets pas de pedigree car on a déjà abusé de copie pour faire valoir des pigeons que personnellement je n’ai jamais cédés ou vendus à ces amateurs peu scrupuleux ! »





Barcelone de 1990 à 2005
:
1990 : 155e ; 824e ; 1494e ; 2662e ; 2764e ; 2834e de 12.283 pig- 7 de 8 engagés
1991 : 116e ; 142e ; 567e ; 617e ; 798e ; 1685e ; 2447e ; 2556e de 11.423 pig- 8 de 11 engagés
1992 : 638e ; 955e ; 1229e ; 1389e ; 1757e ; 2041e ; 2583e de 11.399pig- 7 de 10 engagés
1993 : 58e ; 159e ; 341e ; 1812e ; 1948e de 13.343pig- 5 de 10 engagés
1994 : une année sans 3 prix de 7 engagés
1995 : 75e ; 155e ; 809e ; 1021e de 9.452 pig - 4 de 7 engagés
1996 : 37e ; 151e ; 175e ; 241 ; 2212e de 10.068pig – 5 de 7 engagés
1997 : 276e ; 437e ; 564e ; 1575e ; 1912e de 12.731pig- 5 de 10 engagés
1998 : 697e ; 751e ; 3130e de 12.678pig – 3 de 5 engagés
1999 : 68e ; 942e ; 1193e ; 1482e ; 1700e ; 3137e ; 3404e de 13.966pig – 7 de 12 engagés
2000 : 418e ; 530e ; 1099e ; 1737e ; 1993e ; 2190e ; 2552e ; 2853e ; 3223e ; de 13.695pig- 9 de ……...11 engagés
2001 : 8e ; 11e ; 1706e ; 3013e ; 3073e ; de 13.161 pig – 5 de 12 engagés. 2e à l’aile d’or
2002 : 236e ; 1134e ; 1647e ; de 13.021pig – 3 de 11 engagés
2003 : 734e ; 927e ; 2725e ; 2756e ; de 11.806 pig – 4 de 12 engagés
2004 : 377e ; 378e ; 472e ; 475e ; de 12.275pig – 4 de 10 engagés
2005 : 46e ; 86e ; 130e ; 665e ; 682e ; 1094e ; 2170e ; 2614e ; de 12.998pig – 8 de 11 engagés

Des résultats qui se passent de commentaires !!!